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Cela peut paraître paradoxal à première vue mais lorsque l’on regarde objectivement et avec suffisamment de recul, l’évolution des choses, on est plus du tout sûr que les pontifes du progrès et de la croissance, sont en mesure de mener l’humanité à bon port. La lutte pour l’équilibre du monde et la préservation des grands équilibres de la vie, ne serait-elle pas déjà perdue ? Les riches ont su se préserver des misères du monde en s’enfermant derrière de grands murs mais cette situation est-elle tenable ? Les pauvres se sont endurcis mais prennent de plein fouet les dérèglements sociétaux, climatiques, etc. Alors, quel avenir pour notre humanité ?
Si, effectivement, le progrès a libéré les riches des travaux pénibles, il ne les a pas libérés pour autant des lois de leur métabolisme. Or, un mammifère humain trop sédentaire, subit, assez rapidement une atrophie de ses glandes vitales. Les défenses naturelles du corps humain s’amenuisent. L’apparition des maladies des temps modernes, en témoigne. En période de crise grave et de pénurie, les riches seront donc moins résistants.
Pour diverses raisons, un grand nombre de pauvres sont également affaiblis mais, il y a dans cette population, une quantité non négligeable d’hommes et de femmes endurcis par une activité physique intense. Ceux-là ont en général un métabolisme qui a conservé sa vigueur et son efficacité. Tous les espoirs sont donc permis car, en cas de crise grave, une part non négligeable de la population mondiale, en mesure de s’adapter et de résister, mieux que les autres aux privations et agressions diverses, pourra prendre le relais.
L’intelligentsia capitaliste n’a d’ailleurs pas le choix. Ou elle détruit définitivement les contestataires, le monde de la pauvreté et de la dépendance (mais à ce moment-là, elle se prive de ses revenus et donc disparait) ou elle continue son œuvre de gestion prédatrice de l’humanité et nous savons où nous mène cette logique. Les crises économiques et sociales persistantes depuis plusieurs décennies, s’amplifiant au lieu de se réduire, laissent peu de doute quant à l’issue finale de ce processus.
Si nous ne disparaissons pas tous à la faveur de l’embrasement inéluctable, il est certain que les plus faibles disparaîtront les premiers et s’il n’en reste que quelques-uns, ce seront les plus robustes physiquement. Il est fortement probable que les nantis, amoindris par la pléthorite et une vie facile, feront partie des premières victimes.
Faut-il en arriver là pour changer de paradigme sociétal ? Faut-il en arriver là pour réorienter l’humanité vers l’ère plus sereine que tout le monde attend ? Nous verrons bien. Mais ce serait faire confiance à l’être supérieur que nous prétendons être que de croire que nous sommes capables collectivement, de redresser la barre. Qui, aujourd’hui peut en être sûr ?
Robin d’Aiforais
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Messages
5 mars 2018, 12:55, par Jean-Baptiste Kiya
Voilà quelques lignes qui nous rappellent les heures noires du national-socialisme, on y trouve de semblables accents de darwinisme social. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout et proposer l’eugénisme pour "purifier" le sang et fortifier la race humaine, tant qu’on y est ?
A vous lire, on se demande ce qu’il en est des handicapés, eux, qui pour reprendre votre expression doivent sûrement avoir "les glandes vitales bien atrophiées" et qui sont pour partie au moins victime du système capitaliste de production de masse (pollution, cancers...).
Demandez aux ’pauvres’ amérindiens palikurs de Guyane, ce qu’ils pensent de leurs "glandes vitales", eux qui, trop longtemps délaissés par les pouvoirs publics, vivant sur les terres ancestrales de pripris, s’abreuvent du mercure répandu dans les cours d’eau destiné à en extraire l’or -eux qui n’en portent pas-, et voyez quelles affections neurologiques dont nombre de leurs enfants sont atteints : peut-être ne parlerez-vous plus après de "glandes vitales atrophiées", mais de "glandes coléreuses bien accrochées".
Jean-Baptiste Kiya (chronique "Handicapable !", articles : "Pour une histoire palikur").
22 mai 2018, 23:28, par Robin d’Aiforais
Bonjour cher Monsieur Kiya,
J’ai trop de respect pour tout ce qui touche à l’humain (par opposition à tout ce qui touche le matériel, le portefeuille), que je suis triste de votre réaction. Un court article est toujours un peu caricatural. J’ai voulu, ici, insister sur une idée qui m’est chère : l’insupportable mépris des nantis vis à vis des laissés pour compte et l’insupportable croissance de l’inégalité dans le Monde qui ne peut mener l’humanité qu’au désastre. Compte tenu des blocages institutionnels et sociétaux, ce n’est qu’en décrivant des situations extrêmes que l’on peut atteindre les convictions, les faire évoluer. Il n’est bien entendu pas question, ici de faire l’apologie de la destruction des faibles mais au contraire, de bien faire comprendre aux forts que leur avenir est au moins aussi menacé que celui des faibles si le ronron sociétal n’est pas rapidement interrompu, si l’inégalité et l’injustice continue d’attiser les tensions du Monde. Pardon si ma diatribe n’était pas assez explicite.