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Pour nous les « rêves » résulteraient d’une fonction sélectionnée par l’évolution telle que Lamarck et Darwin l’auront soulevée sans avoir pu pour autant envisager la réalité objective de cette fonction « rêve » qui évoque un dynamisme particulièrement intime pour le rêveur présenté en images, généralement par des « images-motrices » de présentations auto-engendrées par le cerveau en anticipant même la conscience du « rêveur » !
Une fonction dans ses effets ressentis, parfois pré-consciemment, qui propulserait en images, un sens et donc une sémantique, impliquant l’intimité affective et comportementale du rêveur.
Des « prouesses cérébrales », tellement intimes, n’ayons pas peur des mots, faisant parfois irruption dans la sphère de la conscience furent tellement impensables que rares seront les chercheurs qui s’en soucièrent…
Malgré les tâtonnements très novateurs et aussi a posteriori dogmatiques d’un Sigmund Freud, il nous aura fallu attendre Carl Gustav Jung et son approche des rêves dans « l’Homme à la découverte de son âme » (1) pour envisager sérieusement la levée de l’énigme rêve, et avec de nos jours, tout un environnement technologique et idéique propice à une possible levée scientifique de l’énigme « rêve ».
Cette levée devrait être envisageable en relatant, pour commencer, les enseignements de deux de mes rêves :
Le premier advint à mes 5 ou 6 ans après avoir quitté mon frère et moi notre campagne natale.
Je me présente comme le « candide » de cette thématique tout en ayant l’intime conviction de l’interprétation objective que je pouvais faire de ce rêve.
Les deux acteurs présents dans ce premier rêve symbolisent deux « faces » de moi-même, l’une avec la maturité d’un enfant de six ans ayant vécu dans un cadre particulièrement sécurisant et, l’autre, un bébé désirant traverser le boulevard à Constantine devant notre maison où un tramway passait régulièrement. Ainsi ce bébé risquait de se faire écraser.
L’imprudence de ce bébé déclencha dans mon rêve mon comportement marqué par une précipitation instinctive m’emparant de ce bébé en lui évitant la catastrophe de l’écrasement.
Fin du rêve.
Je découvrais l’île de La Réunion animé d’une ambition de réaliser une carrière universitaire en suggérant des éclairages sur ce que je désigne de nos jours par « le génie du vivant » où les rêves occupent assurément une bonne place.
Dans ce rêve, mon attitude fut influencée par le projet d’une conférence dont la date était arrêtée. Je me doutais bien que lors de cette conférence je serais entouré de psychologues ou de psychiatres et j’avais compris être le seul, à l’époque, à me référer à C.G. Jung. Les professionnels de l’île se réclamaient de Freud ou de Jacques Lacan.
Je rêvais que je transitais à pied sur la route du littoral et que des éboulis de pierres chutaient pendant ma randonnée, sans m’atteindre pour autant, alors que je faisais en sorte de les éviter. Aucune pierre ne me touchait.
Je pouvais instantanément interpréter ce rêve de cette façon : tu vas animer une conférence sur les rêves, ce qui devait donc être le cas quelques jours plus tard, et aucune critique ne pourra t’atteindre.
Dans ce rêve je déduisais que mon assurance provenait d’une attitude induite par un « savoir incarné » tel que Francisco Varela le présente. Ce savoir repose aussi sur l’enseignement de nombreux rêves eux aussi incarnés que j’ai pu analyser lors de ma seconde psychanalyse.
Dans mon approche du phénomène « rêves » une fonction instinctive télé-sémantique dans une forme visuelle sélectionnée par l’évolution et serait à l’œuvre produisant des images dans un cerveau qui n’aurait pas encore atteint sa fonction langagière par l’émergence plus tardive de la fonction de la parole et du langage parlé et articulé.
Les « rêves » résulteraient d’une compétence innée très primitive commune aux grands singes et plus généralement aux mammifères. Nous avons nous Humains, après introspection, accès au langage pour les analyser au risque de se fourvoyer dans les interprétations.
Rares sont les auteurs qui se présentent comme « objet » d’étude et à la fois « sujet » d’investigations à prétention scientifique. Ce sera mon option.
Réf :
1) Carl Gustav Jung, L’homme à la découverte de son âme, 1928 version originale, Albin Michel 1987.
2) Francisco Varela, Dormir, rêver, mourir : explorer la conscience avec le Dalaï-Lama, Paris, Nil éditions, 1998.
Frédéric Paulus
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