Di sak na pou di

Les voies du Seigneur sont-elles impénétrables ?

François Maugis / 26 octobre 2020

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Dieu a-t-il créé l’homme à son image ou, est-ce l’inverse ? Car enfin, cet être hybride, mi-homme mi - bête, doté d’un pouvoir d’abstraction hors du commun, cette intelligence à mi-chemin entre instinct et réflexion, tout cela touche à l’extraordinaire, le top du top, le summum de la puissance. Il y a là quelque chose proche de ce que nous entendons par « divin ». Ce qui est ahurissant, c’est qu’on est tellement fort que l’on n’a même pas peur de se perdre en exégèse. Tout se passe comme si la puissance s’amusait de sa propre puissance et se baladait sur les chemins tortueux du mensonge, aussi bien que sur celui, beaucoup plus droit, de la vérité. Tout cela s’explique pourtant parfaitement. À quoi rêve-t-on lorsque l’on possède tout ?

Alors, si vous le voulez bien, allons droit au but. Nous le savons tous, la question fondamentale c’est : d’où venons-nous, où allons-nous, à quoi servons-nous, quelle est notre utilité, notre destin, aussi bien individuel que collectif, etc. ? Et, à ces questions, il n’y a pas de réponse. C’est la raison pour laquelle, cet être intellectuellement surpuissant et donc, ne supportant ni la contradiction ni le mystère, s’est amusé à créer Dieu, une façon comme une autre de mentir (il adore ça) et, finalement, de satisfaire son incommensurable orgueil.

Et, voilà la faille, l’irrémédiable défaut de la cuirasse qui, probablement, le conduira en enfer alors qu’il était destiné au paradis. Car enfin, nous, ce petit détail de l’histoire qui se perd dans les deux infinis, quelle importance ? Et, si nous nous contentions d’admirer le paysage, au lieu de chercher désespérément le metteur en scène ? Le mystère de la vie ? Quel mystère ? On est précisément en train de lever une partie du voile.

Il y aurait un continuum entre la matière que nous qualifions d’inerte (mais que faisons-nous de ces électrons qui tournent comme des fous autour du noyau, et je ne vous parle pas du reste : bosons, quarks, neutrinos et autres leptons) et la matière vivante ? Et oui, on a beau être très intelligent, il y a dans la nature des choses qui nous dépassent.

N’est-ce pas sublime de savoir que nous baignons, tout simplement, dans l’infini vibratoire de l’univers ? Comme son nom l’indique, nous n’avons pas fini d’en faire le tour et, c’est très bien ainsi. Calme-toi, petit homme.

François-Michel Maugis