Les voitures 4x4 face à l’intérêt général

4 août 2007

En une demi-heure, en plein centre-ville de Saint-Denis, le samedi 1er juillet, plus de 50 voitures 4x4 ont croisé le chemin de l’équipe d’ATTAC Réunion mobilisée pour sensibiliser contre les nuisances occasionnées par ces véhicules. Dans l’Ouest, entre Boucan Canot et l’Ermitage-les-Bains, c’est plus de 300 fausses contraventions pour « égoïsme envers la nature et les générations futures » qui ont été déposées sur les pare-brises de 4x4 stationnés. Ce simple constat chiffré montre combien la circulation de ces engins n’est pas anodine à La Réunion. En effet, la pollution est environ 2 fois supérieure à celle d’un véhicule standard ; et la consommation 40% supérieure en ville, selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Pour ATTAC Réunion, il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, mais bien de rappeler aux possesseurs de ces voitures que le sentiment de sécurité si souvent mis en avant se traduit à la fois par cette pollution, mais également par l’atteinte à la sécurité de tous ceux qui sont des victimes en puissance de ces magnifiques pare-buffles et autres pare-chocs situés à la hauteur des parties vitales des individus. Le 4x4 doit pouvoir être limité à un usage utilitaire. ATTAC est une association d’éducation populaire tournée vers l’action et, au-delà de ses analyses altermondialistes de son conseil scientifique qui font référence, cette organisation aime à traduire par l’exemple les dérives de notre société ultralibérale qui offre des objets de consommation à ceux qui peuvent se le permettre sans se soucier de l’intérêt général. Est-il aujourd’hui judicieux de circuler en zone urbaine en 4x4 alors que l’écosystème réunionnais est si fragile ? Est-il justifié de circuler avec un véhicule qui est un risque permanent pour autrui ? Bien sûr, certains ne manqueront pas de parler de sectarisme, montrant ainsi qu’on restreint leur liberté..., mais de quelle liberté s’agit-il : celle de polluer parce qu’on a les moyens de se payer de tels engins ? Celle de risquer la vie d’autrui parce qu’on a les moyens de se croire protégé ? Le respect des biens communs : air, énergie, santé... doit redonner du sens à la notion de collectif qui, aujourd’hui, disparaît car des appétits financiers voraces préfèrent nous considérer comme des cibles marketing individuelles, flattant nos ego et notre pouvoir de consommateur. Notre sujet n’est pas seulement moral, mais il est économique et politique : ne pas savoir se détacher de ces biens marchands superflus qui détruisent notre planète et nous recroquevillent dans des attitudes égoïstes condamnent de fait toute action citoyenne où la solidarité et la lutte contre les inégalités sont l’objectif prioritaire.

ATTAC Réunion


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Témoignages - 82e année


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