Les vraies questions

29 septembre 2008

A la question piège du docteur de la Loi : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? », Jésus répond par une autre question : Dans le Livre que tu es chargé d’enseigner, « que lis-tu ? », « comment lis-tu ? ». A la question de Gilles Leclerc sur la proposition de Ségolène Royal d’augmenter le SMIC à 1.500 euros qui, selon lui, aurait été préjudiciable aux petites et moyennes entreprises, la candidate socialiste répond elle aussi par une autre question, destinée également à Arlette Chabot : « Est-ce que vous pourriez, l’un et l’autre, vivre avec 980 euros nets par mois ? ».
Ceux qui la traitent d’incompétente et qui répètent à l’envi qu’elle ne sait pas répondre aux questions qu’on lui pose vous diront qu’elle répond toujours « à côté », mais ne se demanderont jamais si la question qu’elle pose n’est pas la bonne.
En suivant de près, à la radio et à la télévision, le déroulement de la dernière élection présidentielle, avec les principaux temps forts de la campagne, j’ai très vite senti que les critiques portées contre elle n’étaient pas toujours justifiées, notamment celles qui venaient de soi-disant camarades de son propre parti qui n’ont jamais accepté sa candidature. Aussi, pour chacune de ses interventions sur les ondes, j’ai tenu à me faire moi-même ma propre opinion. Dans le débat qui l’a opposé à Nicolas Sarkozy avant le second tour, contrairement à un certain nombre de commentateurs, j’ai trouvé qu’elle s’était remarquablement défendue, réussissant même à le pousser dans ses derniers retranchements. Si bien qu’il a cherché à l’interrompre à plusieurs reprises pour lui dire de « contrôler ses nerfs ».
Si vous croyez que j’exagère ou que je suis de parti pris, donnez-vous la peine de revisionner le film sans faire comme certains médias qui “sautent” carrément les passages qui sont à son avantage, ceux qui mettent en cause la politique du gouvernement. Fâcheuse habitude qu’ils ont renouvelée récemment pour l’interview qu’elle a donnée le 19 septembre sur la nouvelle chaîne BFM TV où elle était interrogée par Jean-Jacques Bourdin. Le compte-rendu qu’en a donné l’agence AFP à l’ensemble de la presse était visiblement tronqué.
A la question perfide du journaliste : « Est-ce que ça vous a fait mal de voir François Hollande et Bertrand Delanoë ensemble à un meeting ? », elle a répondu qu’encore une fois que les questions de personnes ne l’intéressaient pas comme elles n’intéressaient pas au premier chef la majorité des Français, mais que « ce qui lui fait mal : c’est la dégradation de la situation économique du pays ; c’est de voir des gens qui me disent : “attendez, on a deux salaires et on n’arrive pas à se loger” ; c’est la montée du nombre de travailleurs pauvres ; c’est de découvrir que dans les banques alimentaires, dans les restos du cœur, il y a aujourd’hui 40% de salariés qui vont chercher à manger ; c’est de voir des grandes surfaces qui n’ont jamais gagné autant d’argent et qui, maintenant, proposent à la sortie des caisses des crédits pour que les gens puissent payer ce qu’il y a dans leurs caddies ; c’est qu’il y a des banques qui ont plein d’argent (...) avec des traders qui ont gagné plein de bonus, 90 milliards d’euros pour les dirigeants des grandes banques, selon l’économiste Daniel Cohen, qui se sont répartis des bénéfices. Les moyens et les petits sont étranglés et se basculent dans le surendettement parce que les banques les matraquent quand ils ont des petits découverts bancaires ». La majeure partie de sa réponse a été occultée à la retransmission. Comme sa conclusion qui montre qu’elle est loin de méconnaître la situation réelle du pays, qu’elle n’est pas insensible aux difficultés de ses compatriotes et qu’elle a d’autres solutions à proposer : « Ce capitalisme financier n’a plus sa place, et si les politiques étaient moins mous, moins lâches, moins pris par les lobbies de toutes sortes... ».

Georges Benne

A la question piège du docteur de la Loi : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? », Jésus répond par une autre question : Dans le Livre que tu es chargé d’enseigner, « que lis-tu ? », « comment lis-tu ? ». A la question de Gilles Leclerc sur la proposition de Ségolène Royal d’augmenter le SMIC à 1.500 euros qui, selon lui, aurait été préjudiciable aux petites et moyennes entreprises, la candidate socialiste répond elle aussi par une autre question, destinée également à Arlette Chabot : « Est-ce que vous pourriez, l’un et l’autre, vivre avec 980 euros nets par mois ? ».
Ceux qui la traitent d’incompétente et qui répètent à l’envi qu’elle ne sait pas répondre aux questions qu’on lui pose vous diront qu’elle répond toujours « à côté », mais ne se demanderont jamais si la question qu’elle pose n’est pas la bonne.
En suivant de près, à la radio et à la télévision, le déroulement de la dernière élection présidentielle, avec les principaux temps forts de la campagne, j’ai très vite senti que les critiques portées contre elle n’étaient pas toujours justifiées, notamment celles qui venaient de soi-disant camarades de son propre parti qui n’ont jamais accepté sa candidature. Aussi, pour chacune de ses interventions sur les ondes, j’ai tenu à me faire moi-même ma propre opinion. Dans le débat qui l’a opposé à Nicolas Sarkozy avant le second tour, contrairement à un certain nombre de commentateurs, j’ai trouvé qu’elle s’était remarquablement défendue, réussissant même à le pousser dans ses derniers retranchements. Si bien qu’il a cherché à l’interrompre à plusieurs reprises pour lui dire de « contrôler ses nerfs ».
Si vous croyez que j’exagère ou que je suis de parti pris, donnez-vous la peine de revisionner le film sans faire comme certains médias qui “sautent” carrément les passages qui sont à son avantage, ceux qui mettent en cause la politique du gouvernement. Fâcheuse habitude qu’ils ont renouvelée récemment pour l’interview qu’elle a donnée le 19 septembre sur la nouvelle chaîne BFM TV où elle était interrogée par Jean-Jacques Bourdin. Le compte-rendu qu’en a donné l’agence AFP à l’ensemble de la presse était visiblement tronqué.
A la question perfide du journaliste : « Est-ce que ça vous a fait mal de voir François Hollande et Bertrand Delanoë ensemble à un meeting ? », elle a répondu qu’encore une fois que les questions de personnes ne l’intéressaient pas comme elles n’intéressaient pas au premier chef la majorité des Français, mais que « ce qui lui fait mal : c’est la dégradation de la situation économique du pays ; c’est de voir des gens qui me disent : “attendez, on a deux salaires et on n’arrive pas à se loger” ; c’est la montée du nombre de travailleurs pauvres ; c’est de découvrir que dans les banques alimentaires, dans les restos du cœur, il y a aujourd’hui 40% de salariés qui vont chercher à manger ; c’est de voir des grandes surfaces qui n’ont jamais gagné autant d’argent et qui, maintenant, proposent à la sortie des caisses des crédits pour que les gens puissent payer ce qu’il y a dans leurs caddies ; c’est qu’il y a des banques qui ont plein d’argent (...) avec des traders qui ont gagné plein de bonus, 90 milliards d’euros pour les dirigeants des grandes banques, selon l’économiste Daniel Cohen, qui se sont répartis des bénéfices. Les moyens et les petits sont étranglés et se basculent dans le surendettement parce que les banques les matraquent quand ils ont des petits découverts bancaires ». La majeure partie de sa réponse a été occultée à la retransmission. Comme sa conclusion qui montre qu’elle est loin de méconnaître la situation réelle du pays, qu’elle n’est pas insensible aux difficultés de ses compatriotes et qu’elle a d’autres solutions à proposer : « Ce capitalisme financier n’a plus sa place, et si les politiques étaient moins mous, moins lâches, moins pris par les lobbies de toutes sortes... ».

Georges Benne


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