Di sak na pou di

Lettre aux élus sur le danger des SDHI

Bruno Bourgeon / 20 novembre 2019

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Mesdames/Messieurs les élus,

Depuis un an, nous, citoyens de La Réunion, sommes mobilisés au sein du mouvement « Nous voulons des coquelicots » pour demander l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Déjà près d’un million de Français ont signé l’Appel. Nous souhaitons porter à votre connaissance une information de la plus haute importance.

Notre inquiétude tient en 4 lettres : SDHI. Il s’agit de fongicides épandus sur les arbres fruitiers, les tomates, les pommes de terre. Ils sont également utilisés dans les golfs et sur les terrains de sport. Or ces fongicides ciblent la SDH (succinate déshydrogénase), une enzyme essentielle pour la respiration des cellules. La diminution de la fonction de la SDH est responsable de graves maladies neurologiques et de cancers chez l’homme.

Pierre Rustin (1), scientifique au CNRS, a fait cette découverte et en a immédiatement informé l’ANSES. Or cette agence sanitaire, dont la fonction première est de protéger la population, a minimisé l’alerte. Une minutieuse enquête (2), menée par le journaliste Fabrice Nicolino, démontre que l’ANSES entretient des liens intéressés avec l’industrie des pesticides.

Il a fallu 25 ans pour interdire les néonicotinoïdes en Europe et un siècle pour que la toxicité de l’amiante entraîne son interdiction en France. Avec les SDHI, nous pouvons agir avant que la catastrophe n’arrive.

L’ANSES, dûment interrogée, ne répond pas. Nous vous sollicitons pour porter nos questions sur les SDHI :

• Pourquoi l’ANSES a-t-elle ignoré l’alerte de l’équipe de chercheurs et n’y a répondu que 6 mois plus tard, contrainte par la publication d’une tribune dans la presse ?
• Pourquoi le groupe d’experts mandaté par l’ANSES ne comptait-il aucun spécialiste de la SDH et de la respiration cellulaire, mais au moins une personne liée avec les industriels de l’agrochimie ?
• Pourquoi aucun suivi scientifique sérieux sur les écosystèmes et la santé humaine n’a pas été mis en place, alors que des effets destructeurs à des SDHI sont probables ?
• Comment pouvons-nous nous protéger des SDHI alors qu’ils sont épandus massivement ?

Comptant sur votre écoute et votre engagement au service du bien commun, nous souhaiterions vous rencontrer pour discuter de vive voix de nos inquiétudes, de nos interrogations, et de la manière dont vous pourriez y répondre.

Pour l’AID (Association Initiatives Dionysiennes), relais réunionnais de « Nous Voulons des Coquelicots », le bureau :
Aline Dagut, présidente
Bruno Bourgeon, porte-parole
Christiane Sudnikowicz, relations publiques
Jean-Marc Tagliaferri, trésorier-webmestre
Loïc Damey
Eric Chane-Po-Lime