Di sak na pou di

Ligue des Droits de l’Homme et coronavirus : « La démocratie et les droits fondamentaux ne sont pas confinés »

Ligue des Droits de l’Homme / 18 avril 2020

JPEG - 17.3 ko

« Notre île traverse la crise sanitaire liée au Covid 19 depuis déjà de longues semaines. Les mesures prises nationalement comme le confinement, la fermeture des établissements scolaires, la fermeture des activités commerciales non-essentielles sont autant de facteurs limitant la propagation du virus dans notre territoire.
 
La restriction des vols commerciaux et le contrôle sanitaire des passagers à l’arrivée, avec mise en quarantaine, permettent également de limiter l’importation de nouveaux cas. Cependant, la Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion s’étonne de la mise en place tardive de ces mesures qui prises plus tôt, auraient réduit notre exposition et les conséquences qui en découlent.
 
Le manque de moyens a par ailleurs été signalé par l’ensemble des acteurs de soins. Ceci constitue un sujet sérieux d’inquiétude tant pour eux que pour la population. Heureusement, la solidarité et l’esprit de responsabilité de la population réunionnaise ont tenté de pallier localement ces manques autant que possible.
 
Dans ce contexte anxiogène, nous appelons l’Agence Régionale de Santé à faire preuve d’un maximum de transparence par une communication claire et précise sur les moyens à disposition mais aussi sur les moyens et mesures à venir.
 
Selon l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la santé est un droit fondamental. La Réunion, département français d’Outre-mer, a droit à un traitement égalitaire tenant compte de ses spécificités sanitaires, notamment en raison du nombre élevé de personnes souffrant du diabète ou de cardiopathie.
 
Le Président de la République a annoncé lundi la mise en œuvre d’un déconfinement progressif à compter du 11 mai 2020. Dans ce contexte nous appelons les différentes autorités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter un redémarrage de l’épidémie sur notre territoire. Protéger la santé de nos concitoyens et limiter les conséquences d’une crise économique et sociale sont des enjeux majeurs pour la Réunion.
 
Nous appelons d’ores et déjà au développement d’une économie locale plus forte, à la consolidation indispensable de nos services publics, à la mise en œuvre d’un soutien social apporté aux plus démunis, aux femmes victimes de violence et à l’éducation des enfants des familles défavorisées.
 
C’est donc dans un souci de respect des droits de chacun que la Ligue des droits de l’Homme à La Réunion sera particulièrement vigilante sur la mise en œuvre des mesures à venir et à leurs conséquences. Elle tient à rappeler, en toute indépendance, un certain nombre de principes :

- La démocratie ne saurait être confinée ni confisquée ; la pandémie n’est pas un blanc-seing donné aux autorités publiques et en particulier au pouvoir exécutif ;
- Les citoyens doivent, au titre de la protection sanitaire, se montrer disciplinés et solidaires, mais ils conservent leur droit d’expression, d’évaluation politique et de critique ;
- Les autorités publiques ont l’obligation de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, en s’attachant à répondre, dans le langage le plus simple, aux interrogations et critiques qui leurs sont adressées.
 
Les citoyens victimes d’une discrimination et d’une atteinte à leurs droits peuvent contacter la LDH à la Réunion au 06 92 69 01 71 ou par mail (saintdenis-reunion@ldh-france.org ou juridique@ldh-france.org).
 
A tous, bon courage ! Tienbo, larg pa. Rest’ la Kaz. »

Ligue des Droits de l’Homme