Di sak na pou di

Logique existentielle de la cellule cancéreuse ?

Frédéric Paulus / 20 mars 2018

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Bien que Christian de Duve (prix Nobel de médecine en 1974) avoue ne pas avoir la preuve de ce qui amena les cellules eucaryotes (nos fondations biologiques) à se regrouper, il dit que : « des cellules commencèrent à s’assembler à la suite de mutations fortuites favorables à leur regroupement et restèrent ainsi du fait qu’elles se reproduisaient mieux en groupe que seules », in p. 289, « Poussières de vie », (1995).

Le comportement des cellules cancéreuses pourrait s’interpréter comme une désolidarisation de l’organisme où elles trouvèrent, selon une logique évolutionniste, leur raison d’être, en termes biologiques des conditions homéostatiques favorables. A contrario, vivant dans un environnement non favorable, délétère chimiquement, elles quittent « le navire » en perdition (l’organisme) selon un « mécanisme » qui leur était initialement familier, endosymbiotique, et ce lorsqu’elles se trouvaient comme être des cellules « égoïstes » - telles les bactéries entièrement consacrées à la production d’une descendance aussi nombreuse que possible.

Christian de Duve confirme que des cellules dotées d’attributs eucaryotiques, y compris des endosymbiontes, existent depuis plus d’un milliard d’années. C’est le botaniste russe Konstantin Mereschkowski (1855-1921) qui formula l’hypothèse de l’endosymbiose et la preuve fut avancée en 1967 par Lynn Margulis, USA, (1938-2011).

Le cancer, perçu sous l’angle d’une « régression » au stade près-symbiotique pré-eucaryote assimilable à un instinct primitif de vie, se désolidariserait de l’organisme qui ne lui fournit pas les conditions de sa vie eucaryote liée à la solidarité intercellulaires. La cellule cancéreuse se désolidarise de l’organisme pour assurer sa survie (en boite de pétri !), devenant « exosymbionte ». Quand le paquebot sombre, n’est-ce pas chacun pour soi ?

Frédéric Paulus, CEVOI