Malhonnêteté intellectuelle....

23 octobre 2006

À l’aune du premier des débats entre les candidats à l’investiture, j’étais très impatient d’entendre les trois candidats donner leurs avis sur les questions qui me touchent. Alors, j’ai appris quelles étaient les règles de ces débats. Alors, je me suis dit : quelles manipulations !!!
En effet, pour préserver Mme Royal, qui sait ne pas soutenir la comparaison, tout a été fait pour qu’il n’y ait pas une confrontation des personnes et des idées. On était bien loin de ces grands débats qui ont fait l’histoire politique de notre démocratie.
Là, tout était posé, tout était cadré. On se demandait même si à un moment où un autre, l’un des candidats allait arrêter la langue de bois.
Malheureusement, ce ne fut pas le cas. On a eu droit à toute une série de courbettes, de prévenance, de courtoisie, mais on n’a pas eu droit au vrai débat que les militants réclament.
Comment juger de la personne la plus capable de porter le projet socialiste, si on ne nous donne pas à voir la vraie personnalité des candidats, et si on nous offre un spectacle aseptisé, où la gentillesse des uns et des autres n’a de comparatif que la langue de bois pratiquée allégrement ?
Comme M. Montebourg l’avait demandé, le débat fut digne et loyal. Un peu trop même. Et aujourd’hui, les militants de base se posent encore plus de questions. Et moi, je me demande si celle qui a survécu, soi-disant, à ce simulacre de débat pourra débattre avec M. Sarkozy où M. Chirac, qui sont de vrais seigneurs de guerre en ce qui concerne ce genre de confrontation.
Alors, M. Fabius, égal à lui-même, a été à la hauteur. M. Strauss-Kahn est un grand orateur pour qui la rhétorique n’a plus de secret. Mais, Mme Ségolène Royal a fait preuve d’une belle couardise sur les 35 heures, et d’un esprit volontariste sur les retraites. Cela me semble être du populisme dans le texte, et cela me fait peur quant à la perspective présidentielle. Ces mots sonnent creux, et elle ne veut s’engager sur aucun point, laissant au peuple le choix de se prononcer. A l’heure où le danger de la prolifération nucléaire est de plus en plus vivace, avoir quelqu’un comme elle à la tête de l’Etat me fait peur. Elle fera un référendum aussi pour décider de défendre le territoire en cas d’attaque ennemie ?!?
On a eu droit à une personne qui n’a pas d’idées, qui n’a pas de programme, et se fait le chantre des régions, et des initiatives locales. Cela est bien, mais un président doit avoir une vision d’ensemble. Si elle veut être efficace au niveau régional, elle n’a qu’à se présenter aux régionales et rester une présidente de Région. De plus, contrairement à Mr Laurent Fabius, aucun de ses deux concurrents n’a de programme précis, et tous les deux rechignent à s’engager sur une vraie politique de gauche, anti-libérale, et surtout plus sociale.
Le danger qui nous guette, nous, militants, au travers de ces débats stériles est celui de nous obliger à faire un choix par défaut. La bulle médiatique autour de Mme Ségolène Royal va nous obliger à voter pour elle, car les sondages la mettent en tête des intentions de vote.
Mais, mes chers amis, n’oublions pas que les sondages se sont toujours trompés quand on regarde les dernières élections. N’oublions pas non plus que toute la gauche nous regarde, et qu’il faudra bien faire l’union au deuxième tour de l’élection. Alors, tous, donnons nous un vrai candidat. Le seul à avoir un programme de gauche pour la France et l’Europe, c’est Laurent Fabius ; le seul à proposer une vraie alternative à l’ultralibéralisme, c’est M. Fabius ; le seul à pouvoir nous réconcilier avec nous-mêmes et avec les autres forces de gauche, c’est Laurent Fabius.
En plus, il semble être le seul à avoir une vraie stature d’homme d’État, pas comme la fille des médias, championne des mots creux et vide....
Alors Madame, Messieurs, commencez par nous offrir de vrais débats. Puis, nous autres militants, faisons le bon choix, en accord avec notre âme de socialiste, et pas en otage des sondages.

Bertil Bertrand Reshad


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus