Di sak na pou di

« Manifeste pour l’égalité » de Lilian Thuram

Radjah Veloupoulé / 2 janvier 2019

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« L’Histoire n’est qu’une série de dominations orchestrée par une minorité au détriment d’une vaste majorité. A chaque étape, chaque période, un alibi, une justification, avec une profusion de textes et d’images, de discours officiels pour présenter cette nouvelle domination comme annonciatrice d’un ordre nouveau relevant lui-même d’un ordre naturel. Le racisme, les théories au sujet de la supériorité des races, les doutes sur l’humanité de certains peuples ont été la justification et l’alibi de l’esclavage pendant des siècles. Des mystifications fondatrices, pour ainsi dire ». Ainsi s’exprime Bruce Clarke, dans son livre “Dominations” (ed. Homnisphères,2006), que Lilian Thuram a choisi de faire figurer dans le premier chapitre de son nouveau livre, « Manifeste pour l’égalité » (Ed. Autrement,2017).

Après « Mes étoiles noires, de Lucie à Barack Obama », l’ancien champion du monde de football, revient avec une série de témoignages de personnalités qui s’engagent pour une valeur et réunit autour d’elle auteurs, artistes, philosophes, hommes et femmes d’action. En fin de chapitre, il livre sa motivation : « Pour tendre à plus d’égalité, il est essentiel que chaque génération repense son imaginaire et lutte contre les injustices. Des femmes et des hommes se sont battus contre l’esclavage, le servage, le colonialisme, le fascisme, le nazisme et l’apartheid, et que pour que nos sociétés occidentales aient une autre vision des femmes et de leurs droits. La justice se gagne, elle ne se donne pas. À nous aujourd’hui de reprendre le flambeau afin de rendre la société plus juste ».

À l’heure ou les gilets jaunes demandent une autre politique, il n’est pas futile de s’exercer à l’esprit critique qu’exige cette lecture, et de remettre en question notre vision du monde et de notre propre existence. En terminant ce livre d’un footballeur décidément pas comme les autres, méditons cette sentence d’Albert Einstein : « Le monde est dangereux, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ». Meilleurs vœux pour 2019.

Radjah Veloupoulé