Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
7 juin 2006

C’est avec un plaisir que nous ne dissimulerons pas que nous venons d’apprendre la condamnation de Moussa Madi, ce maire ubuesque de la commune de Bendrele à Mayotte, premier “porte honte” de sa municipalité.
Il avait osé donner ordre aux employés communaux de faire incendier un hameau de bord de plage occupé par des citoyens comoriens considérés clandestins par les autorités de notre République. Ce faisant, il était évidemment allé à l’encontre de la loi et des limites qu’elle fixe, vaille que vaille, à l’arbitraire des "grands Mahorais", ces nouveaux féodaux de l’île au parfum, devenue nauséabonde, tous déclarés solidaires de sa personne au moment des évènements.
Chacun peut comprendre le désir des Mahorais d’être et rester Français, chacun doit aussi comprendre en quoi les Comoriens se sentent en droit d’être chez eux à Mayotte, comme ils le sont dans les 3 autres îles de l’archipel, tant il est vrai que les 4 îles appartenaient naguère à un même ensemble colonial français. Ici réside le problème géopolitique et diplomatique de fond à résoudre depuis l’accès à l’indépendance.
Le cynisme de l’État français peu pressé de répondre aux exigences de l’ONU, réparer ses fautes et négocier un accord acceptable par l’État Comorien, contribue à créer les conditions d’une xénophobie exacerbée à Mayotte dans laquelle s’engouffrent les potentats locaux. Ils sont sans autre principe que leur volonté d’exercer leur pouvoir tel qu’ils le conçoivent, c’est-à-dire sans limites. Ils sont aux antipodes du droit républicain, mais il n’est pas interdit d’espérer que la condamnation prononcée freine les désirs d’imitation du maire incendiaire, lequel n’étant pas à une excentricité près ne manquera pas de perdre un jour ou l’autre le bénéfice de son sursis. Au moins, durant 2 ans ne risque-t-il plus de nuire comme magistrat. Restent les autres. Tous les autres ? La question se pose ; quelques-uns ne s’étant guère manifestés au moment des faits. Ils ne s’étaient pas dissocié non plus du soutien apporté par l’association des maires de Mayotte à l’un des siens, grand soutien du gouvernement Villepin/Sarkozy comme il se doit.
Force ne reste pas encore à la loi, mais elle existe quand même, le maire de Bendrele l’a rencontrée, il n’était que temps, ce n’est qu’un début...
François Esquer, Guy Ratane Dufour,
Pour le Bureau du MGER,
Île de La Réunion
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