Di sak na pou di

Mesdames, on vous a dit "Ordre Républicain"

Témoignages.re / 6 janvier 2019

Avant que l’on vous balance par la fenêtre, demandez-vous bien si ce n’ est pas un peu de votre faute !!

Il y a quelques jours, en dépit des regards détournés par les festoiements de fin d’année, une vieille affaire de violences contre une femme vient de ressortir au grand jour.

En août 2013, une jeune femme de 25 ans, au centre d’une bagarre entre l’individu qui lui servait de "compagnon" et le propriétaire de son appartement, sous le fallacieux prétexte que ce dernier l’aurait draguée, est amenée à quitter son domicile, sur les conseils des policiers, appelés entre temps.

Cependant, ne trouvant aucune solution pour se réfugier dans sa famille ou chez des amis, elle croit pouvoir retourner chez son "compagnon", compte tenu de l’ heure très tardive.

Mais à son retour, l’ individu la frappe copieusement puis finit par la jeter par la fenêtre du 2ème étage, ce qui la laisse fortement handicapée (paraplégique). Le tribunal condamne en 2016 le triste individu à 15 ans de prison et ordonne que la Commission d’Indemnisation des Victimes d’ Infractions (CIVI) lui verse 90 000 euros de dommages ; ce que cette dernière réduit à 65 000 euros, suivie en cela par le Fonds de Garantie des Victimes, sous prétexte que , en retournant chez son "compagnon", la jeune femme aurait pris des risques en toute connaissance de cause et qu’ elle devait de ce fait s’ attendre au sort qui lui a été réservé !!!!

Autrement dit, si vous vous faites violer, frapper, jeter par la fenêtre, il faut vous dire, Mesdames, que quelque part, cela doit être un peu - beaucoup ? - de votre faute !....Cette scandaleuse affaire appelle plusieurs remarques :

*La CIVI en cause, est présidée par une femme qui, interrogée par les chaînes de TV, a cru pouvoir sans sourciller justifier sa prise de position ; c’ est à croire que dans le milieu judiciaire et dans la gent féminine qui y est de plus en plus représentée, on ignore encore tout du PSYCHOTRAUMA et des phénomènes graves qui y sont liés.

*Ces faits s’étant produits dans le département de la Sarthe, cher à la Secrétaire d’Etat à l’égalité des Droits des femmes et des hommes, Mme Marlène Schiappa, celle-ci a décidé de suivre le dossier de près, celui-ci devant venir en appel en Mai de cette année. Démarche de bonne intention sans doute, mais est-il juste qu’ une représentante de l’exécutif vienne interférer dans une affaire judiciaire ?
Ne serait- il pas plus juste de parfaire la formation des magistrats, de revoir aussi , s’ il le faut la loi, qui se révèle encore trop souvent bien en retrait des réalités, s’agissant des violences faites aux femmes ? Autrement dit, donner à l’institution judiciaire les moyens de fonctionner normalement.

*Enfin, dans le cadre d’ un quinquennat pompeusement proclamé comme celui de l’ ÉGALITÉ DES DROITS DES FEMMES, GRANDE CAUSE NATIONALE ", cela fait quelque peu tache ! Ce n’ est pas la seule d’ ailleurs !!

Autrement dit, Monsieur Griveaux, vous qui n’ avez de cesse, toutes ces dernières heures d’ appeler à la défense de "l’ordre républicain" et à son respect, vous pouvez vous rendre compte que, sur le plan judiciaire, vos amis du gouvernement ont encore bien du travail !!!!!!

Jean-Paul CIRET



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Messages






  • Excellent ! Voilà qui est dit !
    Mais que la "culture" machiste est lourde à combattre ! Lénine avait eu cette réflexion : l’aboutissement de la domination de l’homme sur la femme c’est lorsqu’une femme se persuade de la pertinence des "raisons" de cette domination et les fait siennes. Gageons que la responsable de la CIVI a laissé parler la morale machiste dont son éducation est imprégnée : une femme n’est battue que si elle le veut bien et, après une bonne raclée à laquelle elle a consenti, rien d’étonnant qu’elle soit jetée par la fenêtre !

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