Di sak na pou di

Message pour le Nouvel An tamoul 5122

Témoignages.re / 19 avril 2021

JPEG - 15.7 ko
Vue d’artiste de Kepler-452b et de son étoile. (photo NASA)

Vanakkam ! Namasté ! Dans la Bhagavad-Gîtâ, Shrî Krshna nous annonce dans le chapitre XI, verset 32 : « Je suis le Temps, cause puissante de la destruction des mondes ! » Que nous le voulions ou pas, nous sommes soumis au temps et à l’espace. Ce sont nos deux domaines d’existence.

Le système des yugas nous donne une idée de l’immensité du temps. Et pourtant, comme le rappelle le Mahâbhârata : « Quelle est la plus grande merveille du monde ? C’est que, chaque jour, il y a des morts, et pourtant, les vivants pensent qu’ils sont immortels ! » Cela est vrai d’un point de vue spirituel védantique mais combien d’entre nous, vivons vraiment notre dimension spirituelle ?

Nous vivons toutes et tous dans la prakrti, dans la matière soumise à l’espace et au temps. Avec des repères imaginaires, nous vivons notre vie, parfois, en nous basant sur la position des astres. Nos anciens ont observé le ciel et vu qu’il y a des moments très particuliers où les planètes sont alignées de telle ou telle façon. Ils ont essayé de trouver des liens entre notre vie individuelle ou collective et la position des planètes.

Ainsi est née l’astrologie qui gère encore la vie de nombreuses personnes et entités tels que nos kovils, nos temples. Au fur et à mesure des siècles, nos anciens ont développé l’astrologie et l’ont amené au niveau d’une science afin d’expliquer les phénomènes cosmiques et individuels. Bien souvent, les changements stellaires n’ont pas été pris en compte car la tradition a pris le pas sur l’observation scientifique. Traditions et sciences ne font pas toujours bons ménages - surtout à notre époque où les moyens d’observation se sont déplacés de la terre vers l’espace avec des télescopes spatiaux ultra-sensibles. Ce qui ne pouvait être vu à l’oeil nu, l’a été par différents systèmes de perception (infra-rouge, ultra-violet, etc.)

Même si la science nous apporte des informations importantes, notre vécu de tous les jours ne semble pas changer. Nous regardons le ciel toujours avec amusement et émerveillement. Nous apprécions la danse des planètes et des étoiles. Les mesures en années-lumières dépassent notre entendement. Et tout comme nos ancêtres, nous restons muets devant une telle beauté cosmique.

Et tout d’un coup, notre attention n’est plus attirée vers l’infiniment grand mais vers l’infiniment petit. Un minuscule virus met la planète à genou. Tout comme l’être humain, il adore se multiplier à vitesse grand V. Autant nous pouvons voir certaines planètes à vue d’oeil, il nous est impossible de voir ce fameux virus, appelé Corona-virus, lui qui donne la maladie mortelle dans bien des cas, appelée Covid19. Même si nous ne le voyons pas, nous ne pouvons ignorer son existence. Les innombrables cercueils enterrés au Brésil, les camions militaires transportant d’autres cercueils en Italie, nous donne la frayeur de notre vie.

Nous qui aimons notre liberté, nous sommes obligés à porter des masques, à rester confinés, à ne plus aller travailler dans certains cas. Nous sommes inondés par ce virus invisible mais combien dangereux. Le cycle de soixante ans que l’on appelle en tamoul « perandu » continue de tourner.

L’année Sarvari se termine et voilà que l’année Plava (translitéré en tamoul Pilava) montre le bout de son nez. En recherchant la signification du mot « plava », nous trouvons qu’il s’agit aussi d’inondation, et là, nous réalisons que nous sommes vraiment inondés par ce virus qui ne connaît ni frontière ni nationalité, ni communauté, ni pays. Un véritable raz de marée !
Mais le mot « plava » signifie aussi « bateau, barque, radeau ». Quelle barque pourrait nous aider à nous sauver de cette inondation ? Les gestes barrières constituent une première étape mais nous avons vu que cela ne suffisait pas. Alors sont arrivés les différents vaccins ! Malgré certaines résistances, nous faisons plus confiance à certains d’entre eux. Nous souhaitons alors que l’année Plava ne soit plus synonyme d’inondations mais de barque de salut !

Nous nous tournons alors, non seulement, vers les scientifiques du monde entier afin qu’ils trouvent le vaccin idéal mais nous, en tant que fidèles hindous, nous tournons aussi vers l’Intelligence universelle afin qu’Elle se manifeste comme solution à cette pandémie. Le désespoir qui nous avait assailli l’an passé fait place à l’espoir d’une vie normale retrouvée. Ce rêve de retour à la vie d’avant peut être brisé à tout moment par une nouvelle variante du virus mais nous osons rêver. Rêver d’une vie comme « dan’ tan lontan ». Mais entre temps, des lois et des règlementations sont passées et, sans nous y attendre, nous pouvons nous retrouver obligés de limiter notre liberté chérie !

Ensemble, souhaitons que l’année 5122 Plava soit vraiment cette barque de secours qui permettra à l’humanité de repartir d’un bon pied tout en retirant les leçons de la pandémie. Ensemble, récitons ce fameux verset védique :

Om sarveshâm svastir bhavatu ! Sarveshâm shântir bhavatu ! Sarveshâm pûrnam bhavatu ! Sarveshâm mangalam bhavatu ! Sarve bhavantu sukhinah ! Sarve santu nirâmayâh ! Sarve bhadrâni pashyantu ! Mâ kashcit dukkha bhâg bhave !
Qu’il y ait de la prospérité pour tous ! Qu’il y ait la paix pour tous ! Qu’il y ait la plénitude pour tous ! Qu’il y ait du bon pour tous ! Que tout le monde soit heureux ! Que tous les gens soient libérés de la maladie ! Que tous voient le bien ! Que personne n’ait de mauvais jour !

De tout notre coeur, souhaitons que ce voeux soit réalisé ! Alors à tous les Tamouls et à celles et à ceux qui se reconnaissent dans la culture du Tamil Nâdu, nous leur souhaitons un « Iniya Nal Puttându Vazhttukkal ! et, à cette petite communauté sri lankaise - parfois mal aimée car nouvelle sur notre île - un Suba Aluth Avurudda Veva ! car c’est aussi leur jour de l’an aujourd’hui ! Om shântih shântih shântih ! Om ! Paix dans l’univers ! Paix sur la terre ! Paix dans nos coeurs !

Swami Advayananda