Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
26 juillet 2012

Alors que Fitch vient d’abaisser la note de PSA d’un cran, à "BB" après l’annonce des résultats, nous constatons que l’État ne tire pas les leçons de ses erreurs passées en continuant à mettre le secteur automobile sous perfusion, une industrie qui refuse le changement ! L’État vient donc de cautionner le refus d’innover et d’exporter de ce groupe et vient de lancer une nouvelle fois un appel d’air tirant notre économie vers le bas menaçant les emplois de centaines de milliers de salariés, déjà en difficulté, de l’industrie française alors qu’en dix ans, près de 100.000 postes ont disparu dans l’automobile.
L’État doit arrêter de vouloir seulement limiter les dégâts du plan social injustifié annoncé par ce groupe. Le Gouvernement doit agir concrètement au lieu de ne penser qu’à occuper l’espace médiatique avec des déclarations incantatoires, loin de la réalité quotidienne des entrepreneurs sous-traitants et des salariés.
Le vrai problème de l’industrie automobile est le coût du travail. Le prêt de 3 milliards d’euros en 2009 et la prime à la casse de 1 milliard d’euros jusqu’en 2010 n’ont conduit le groupe qu’à se reposer sur des acquis dépassés et à ne pas se renouveler. Ces aides n’ont eu qu’une seule conséquence : la fermeture du site de production d’Aulnay parce que les Français n’ont acheté que des petits véhicules.
Le plan annoncé est un plan parcellaire qui ne s’inscrit pas dans la durée. C’est tout le contraire dont a besoin le fleuron de l’industrie automobile française.
La solution d’avenir pour PSA ? Avoir recours aux investissements d’avenir qui pousseront ce groupe à rendre des comptes et à n’investir de l’argent public que dans des projets d’avenir et les crédits impôt-recherche qu’il faut recentrer.
Que l’État français mette PSA sous protection française et non sous perfusion !
Il est temps qu’un vent frais de changement souffle sur la stratégie industrielle de ce groupe. Il faut que le groupe soit différent de ce qu’il a été jusqu’à aujourd’hui, qu’il permette à une nouvelle génération de Français de pouvoir vivre correctement et de rêver tout en surpassant ses concurrents dans le monde.
Ce n’est pas avec ce genre de politique que PSA fera partie intégrante de l’avenir économique de la France et de l’Europe. En revanche, il est temps que PSA aille chercher des marchés à l’étranger et montrer qu’un leadership made in France dans l’automobile est possible.
Il s’agit de penser avant tout aux emplois concernés. Leur situation va s’aggraver malgré ces annonces et nous le déplorons alors que le pouvoir d’achat d’un salarié français sur 2 s’est dégradé en 2011 alors même que celui des salariés allemands est stable depuis 20 ans.
Guillaume Cairou, PDG Fondateur de Didaxis,
Président du Club des Entrepreneurs
Courrier des lecteurs
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