Grande distribution à La Réunion : concentration sur fond d’APE et de risques de délocalisations
10 août, parRapprochement entre le groupe mauricien IBL et Caillé Grande Distribution
19 février 2009

Les tensions qui s’accentuent dans les Départements d’Outre-mer depuis plusieurs semaines résultent d’une baisse drastique du pouvoir d’achat. Pour y remédier, soit on diminue les prix, soit on augmente les revenus. C’est l’évidence. Le problème incontournable de ces quatre départements est leur éloignement de la France continentale. Autre évidence ! Depuis de nombreuses années, une autre région française a résolu la question, bien que plus proche du continent : c’est la Corse… avec des méthodes spécifiques qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, rien que pour 2007, la CTC (Collectivité Territoriale de Corse) a obtenu un financement de 183 millions d’euros au titre de la continuité territoriale*. Un montant versé par l’Etat, mais géré intégralement par la CTC. Ce financement permet à la Corse de maîtriser le niveau de ses prix et de faciliter les échanges de personnes et de marchandises avec le continent qui est tout proche. Ici, à La Réunion, on ne nous concède que quelques miettes infimes, eu égard à notre population (trois fois plus que la Corse) et à notre éloignement.
Or, un financement honnête de notre continuité territoriale impliquerait un montant d’au moins un milliard d’euros en lieu et place des 8 millions actuels, gérés par l’Etat (encore bravo pour la confiance faite à nous autres, les "indigènes" d’Outre-mer !). La réparation d’une telle injustice, qui n’a que trop duré, permettrait à l’Etat de supprimer tout son bric-à-brac de sur-rémunérations différentes selon les statuts. Les prix n’auraient plus de raison d’être différents de ceux de métropole. Et les salariés du privé, ainsi que les bénéficiaires de prestations sociales auraient ENFIN un semblant d’équité avec les autres Français du continent… et de Corse. Ces injustices entre Français sont devenues insupportables. Alors, ne nous trompons pas de combat : nous voulons être considérés comme des Français à part entière et responsables à part entière. Actuellement, les patrons ne peuvent guère augmenter les salaires sans suicider leur entreprise, pas plus que les commerçants ne peuvent aller très loin pour baisser leurs prix, ni les collectivités locales se priver de financements pour équiper "l’avenir". Et pourtant, on nous inflige toutes les règles et normes européennes et nationales qui nous handicapent lourdement par rapport à notre environnement régional. Il est urgentissime de négocier avec l’Etat, sans violence, mais avec fermeté, un réel financement de la continuité territoriale pour mettre fin à l’injustice qui nous assassine à petit feu.
Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis
* voir les détails sur le site de la CTC :
http://www.corse.fr/amenagement/transports/services/?id=2&id2=17&id3=3
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