Mieux connaître les classiques de La Réunion

5 juin 2008

Heureux qui comme Ulysse a fait un grand voyage nous rappelle Du Bellay.
Après chaque petite odyssée que sont nos voyages éclairs sur la verte métropole, c’est toujours avec plaisir que nous voyons le retour, dans des avions bien remplis, une jeunesse réunionnaise pétillante s’exprimant sans complexe en créole ou en français, ce qui n’est hélas plus le cas des régions périphériques de métropole. De retour d’Allemagne, une classe sympathique, après son voyage de découverte linguistique retournait dans son Saint-Paul. Tous Saint-Paulois, ces jeunes remplis de vitalité étaient ravis de leur séjour qui leur avait ouvert l’esprit.
À tout hasard, je me tournais vers le jeune Kévin et lui demandait si il connaissait le poème « Le Bernica » de Charles Marie Leconte de Lisle, il ne connaissait pas... Kevin se tourne alors vers ses camarades, tous ils rirent... mais aucun ne le connaissait. Et Eugène Dayot renchéris-je, nenni, ils ne savaient pas qui étaient nos poètes fondateurs ?
Si il est bon et utile qu’ils découvrent la ville Brake, dans le nord de l’Allemagne, car les voyages forment la jeunesse, il serait aussi bon qu’ils connaissent un tout petit peu leur classique réunionnais ?
Il est vrai que la Région Réunion, malgré son discours qui est le contraire de ce qu’elle annonce officiellement, fait de la résistance et refuse énergiquement depuis quatre ans de faire l’acquisition d’ouvrages sur le patrimoine réunionnais pour les lycées... notamment ceux de Dames Créoles où la biographie de notre Députée-Maire est présentée, mais quand même « l’a dit »... Il serait bon de votre côté, messieurs les professeurs, que nos collégiens et lycéens connaissent un tout petit peu leurs classiques du pays ? Tout en continuant, bien entendu, ces voyages qui forment la jeunesse. Merci de les accompagner, car si nos enseignants sont eux aussi méritants et nous nous devons aussi de les féliciter pour leur dévouement, si nos jeunes découvrent le poème Le Bernica et puis vont visiter Hambourg... ils seront alors sauvés !

Christian Vittori


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Témoignages - 82e année


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