Di sak na pou di

Miss, après quoi cours-tu ?

Brigitte Croisier / 27 août 2019

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Comme un rituel qui se répète chaque année sans grande innovation, le concours de Miss occupe les médias.
Mais quel est le rêve de gloire qui remplit la tête de ces jeunes femmes ? Recevoir une couronne ! Tiens, les symboles du pouvoir royal séduisent donc encore en ces temps républicains ! Mais cette couronne n’est pas héréditaire, elle pourrait même passer pour démocratique, puisque obtenue au terme d’une élection (sans rire…).

En quoi réside la magie de cette couronne ? De quelle grâce entoure-t-elle celle qui la coiffe ? Coiffure, maquillage, sourires, robe ou maillot et défilés disent bien que le critère de sélection est la séduction physique. D’ailleurs, on parle de « reine de beauté » sans trop réfléchir à ce qu’est la beauté. L’ombre de la poupée Barbie planerait-elle encore dans l’imaginaire de ces jeunes filles ?
En même temps, sans doute pour répondre aux critiques sur le rôle déterminant de ce critère physique, on indique les cursus scolaires, les projets professionnels et on charge la reine de beauté d’une mission d’ambassadrice, de sa région, de son pays. Oh ! juste pour un an. Cela suffit à certaines pour trouver la voie d’une célébrité moins fragile : concours de Miss, porte ouverte vers divers médias. Se montrer, c’est l’essentiel pour elles et ça rapporte.

Concernant leur fonction d’ambassadrice dont on les investit, on s’interroge peu sur le contenu du message diffusé qui, souvent, ne dépasse pas les lieux communs.
On pourrait aussi noter le caractère un peu vieillot du titre de “Miss”, qui date des années 30 (Mademoiselle en anglais), en un temps où l’administration française a proposé de ne retenir que le titre de “Madame”.
On peut comprendre l’attraction de cette compétition, qui a tendance à se généraliser à la moindre occasion et qui fonctionne comme une publicité pour mieux vendre tel ou tel produit ou faire écho à telle manifestation publique comme une foire. Mais comment ne pas en voir les limites sur le plan culturel ? Mise en concurrence de jeunes femmes, spectacle quelque peu exhibitionniste, le divertissement type de notre société prétendument évoluée.
Au fait, pourquoi se restreindre au genre féminin ? A quand l’élection de Mister Réunion ? Cela prouverait au moins que de tels concours ne sont pas une spécialité féminine.

Brigitte Croisier