Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
23 février 2007

Je ne suis ni motard, ni cycliste. Lorsque j’emprunte la route, je monte dans une carapace métallique munie de quatre roues qu’on appelle une auto. Dans ma carapace, je suis protégé des intempéries et des chocs. Des chocs des autres carapaces. Des chocs provoqués par des trous, des galets ou des dérapages incontrôlables. Tel n’est pas le cas des conducteurs de deux roues qui sont très vulnérables sur la route. Le lourd tribut qu’ils laissent dans les accidents en nombre de tués et de blessés se passe de commentaires. Pour remédier à cette hécatombe, certains croient très intelligent de qualifier tous les deux-roues de délinquants ! Pour ma part, il y a bien longtemps que j’ai décidé unilatéralement de prendre les plus grands égards vis-à-vis de ces conducteurs vulnérables. Peu m’importe qu’ils respectent ou non le Code de la route. Peu m’importe qu’ils aient un casque ou non. Ce qui compte, c’est de leur faciliter la vie en leur laissant le passage quoi qu’il arrive. On peut se serrer à droite ou à gauche selon les cas, on peut ralentir, on peut faire un signe pour les laisser passer. Qu’est-ce que ça coûte ? En plus, très souvent, le conducteur fait un petit signe de remerciement quand la situation le permet. Après tout, le deux-roues à qui vous facilitez la vie peut être un parent, un ami, une connaissance ou un de leurs enfants. Bien sûr, il y a quoi pester quand on voit un deux-roues franchir au rouge un carrefour en toute illégalité, après s’être assuré quand même qu’il pouvait le faire en toute sécurité. Mais, le petit vieux que je suis est-il moins dangereux lorsque, par inattention, il franchit le même carrefour en provoquant les crissements de pneus des autres usagers de la route ?
La sécurité routière n’est pas seulement une question de respect du Code de la route, c’est aussi une question d’intelligence ! Alors, vous qui circulez sous carapace, respectez les plus fragiles. Ne prenez plus la route, empruntez-la, partagez-la.
Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis
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