Nelson Mandela, ambassadeur de la conscience pour Amnesty International

22 novembre 2006

Le 1er novembre 2006, Nelson Mandela a été désigné par Amnesty International ambassadeur de la conscience.

Qui est Nelson Mandela ?
Né à Umtata, en 1918, c’est un homme politique sud-africain. Il fut emprisonné en 1962 et condamné à la détention à perpétuité en 1964. Libéré en 1990, il a négocié avec de Klerk la fin de l’apartheid. En 1994, il a remporté avec l’ANC les premières élections multiraciales et il est devenu le premier Président noir d’Afrique du Sud. A l’issue des élections de juin 1999, son dauphin, Thabo Mbeki, lui a succédé. Il a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1993.

Les hommes et les femmes de ma génération ont toujours été tourmentés, meurtris devant le silence des grandes puissances sur les crimes des Afrikaners contre la majorité des noirs d’Afrique du Sud dans les années 60. Nelson Mandela a passé 27 ans de sa vie en prison avant d’être libéré.

Il a accueilli avec allégresse ce titre d’ambassadeur de la conscience pour Amnesty International.

Le fait que cette distinction ait été inspirée par un poème du grand écrivain irlandais Seamus Heaney lui a rappelé et à nous tous notre devoir de défense des droits humains dans le monde. Je vous livre des larges extraits de son discours : « ... je lutte pour la justice et les droits humains depuis de longues années. Je me suis maintenant retiré de la vie publique, mais tant que l’injustice et l’inégalité perdureront, aucun d’entre nous ne pourra prendre de repos. Nous devons devenir plus forts encore. Je continue ma lutte en faveur du respect des droits humains à travers la Fondation Mandela Rhodes. Ces trois institutions caritatives qui œuvrent en mon nom ont pour tâche de continuer mon action dans des domaines qui m’ont préoccupé toute ma vie : l’enfance et la jeunesse, la mémoire et le dialogue, ainsi que la formation de nouvelles générations de dirigeants éthiques.

Mon souhait est que cette distinction puisse aider les militants partout dans le monde à maintenir une lueur d’espoir pour les prisonniers oubliés de la pauvreté. Comme l’esclavage ou l’apartheid, la pauvreté n’est pas naturelle. Ce sont les hommes qui créent la pauvreté et la tolèrent, et ce sont des hommes qui la vaincront. Vaincre la pauvreté n’est pas un geste de charité. C’est un acte de justice. Il s’agit de protéger les droits humains fondamentaux. Toute personne, partout dans le monde, a le droit de vivre dans la dignité, libre de toute crainte et de toute oppression, libérée de la faim et de la soif, et libre de s’exprimer et de s’associer comme elle l’entend.

Cependant, à l’aube de ce nouveau siècle, des millions de personnes sont toujours prisonnières, esclaves et enchaînées. La pauvreté massive et les inégalités sont de terribles fléaux de notre temps - à une époque où le monde s’enorgueillit des avancées formidables réalisées dans les domaines de la science, de la technologie, de l’industrie et de l’accumulation de richesses. Tant que la pauvreté persistera, il ne saurait y avoir de véritable liberté...

Les populations pauvres sont celles qui ont le moins accès au pouvoir en vue de déterminer les politiques à venir, en vue de déterminer leur avenir. Mais elles ont droit à une voix. On ne doit pas les faire asseoir en silence tandis que le “développement” se produit autour d’elles, à leurs dépens. Un véritable développement est impossible sans la participation des personnes concernées. Prenons le droit au logement. Trois millions de personnes en Afrique ont été expulsées de logements précaires depuis le début de ce siècle...

Amnesty International œuvre pour faire en sorte que les droits des femmes existent. A travers son action sur la pauvreté et à travers sa campagne contre la violence à laquelle elles sont confrontées. Les femmes et les jeunes filles ont besoin de sécurité pour apprendre et travailler. Si les jeunes filles ne bénéficient pas d’un environnement sûr, exempt de toute discrimination, pour poursuivre des études ou obtenir un emploi, les conséquences s’en feront sentir toute leur vie. J’ai parlé auparavant de la nécessité d’un “tournant”. Nadine Gordimer a évoqué une conversation qu’elle et moi avions eue en 1998. Elle nous a rappelé ce que j’avais dit alors : “Ce que je veux arriver à voir, c’est un environnement dans lequel les jeunes gens de notre pays ont une chance réelle de développer les possibilités qu’ils ont en eux pour inventer une vie meilleure pour eux-mêmes. C’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de développement.

Si tous les militants des droits humains à travers le monde croient cela et agissent sur cette base, et s’ils arrivent à amener d’autres personnes à croire en cela, nous aurons alors atteint ce tournant dont je parlais”. »

Que cela nous inspire à lutter, à être des militants permanents des droits de l’Homme.

Marc Kichenapanaïdou


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