« Ni droite, ni gauche » avez-vous dit ?

23 mars 2007

Dans cette période électorale, on n’arrête pas d’entendre ou de lire qu’il n’y a plus ni droite, ni gauche. (...) Pourquoi (...) embrouiller l’esprit de l’électorat qui ne partage pas toujours cette opinion qu’il n’y a pas de différences entre la droite et la gauche ?
Prenons l’exemple de la question de l’immigration : quoi de commun entre le programme réactionnaire de Nicolas Sarkozy illustré par son projet de ministère de l’immigration et de l’identité nationale et le mot d’ordre de régularisation de tous les sans-papiers prôné par José Bové dans son programme ? Rien bien entendu.
D’un côté, une conception raciste, xénophobe, qui stigmatise les immigrés accusés d’être cause du chômage alors que c’est le système capitaliste qui l’est. D’un côté encore, c’est la reconduite à la frontière, l’enfermement dans des centres.
De l’autre, une conception humaniste, internationaliste, qui prône l’équilibre de développement économique entre nations.
En effet, la grande majorité des gens ne quitte jamais de gaieté de coeur leur patrie, village, région pour aller vivre à l’étranger : c’est toujours pousser par la nécessité économique (comme les Irlandais qui ont gagné les États-Unis au milieu du XIXème siècle) ou politique (réfugiés politiques).
Les gens de droite n’auront de cesse de stigmatiser l’immigration, alors qu’en période de prospérité économique, les immigrés ont permis la reconstruction des nations européennes ruinées par la guerre. Ces mêmes immigrés ont été utilisés pour maintenir les salaires des ouvriers non qualifiés au plus bas.
Les gens de gauche lutteront par exemple pour le droit de vote des immigrés aux élections locales.
Sur les sujets cruciaux, il y aura toujours une ligne de partage qui séparera la droite de la gauche.
Dire qu’il n’y a plus ni droite ni gauche, c’est prendre les gens pour des imbéciles.

Bernard Pitou,
militant altermondialiste,
membre des comités de soutien à José Bové


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Témoignages - 82e année


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