Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Cliquez et soutenez la candidature des Chagossiens au Prix Nobel de la Paix

Accueil > Chroniques > Di sak na pou di

Non à la retraite après 62 ans, dans notre collège nous expliquons pourquoi

mardi 14 février 2023, par Courrier des lecteurs de Témoignages


Sur l’initiative de collègues enseignants de notre établissement : Collège Boris Gamaleya Les Alizés (Sainte-Clotilde) ; nous avons souhaité exprimer notre désaccord avec la nouvelle réforme des retraites d’une autre manière. Ceci n’a pas été un mouvement syndical, ou politique mais juste celui de simples collègues. Cette action s’est faite avec l’accord et le soutien Mme Stéphanie Clain représentante élue (PEP) des parents d’élèves de notre établissement.


Ce matin (13 février - NDLR), à l’occasion d’un cours interdisciplinaire et inter niveaux d’enseignement moral et civique déjà programmé, nous nous sommes comportés comme si nous avions plus de 62 ans. Cette à dire avec toujours la même volonté de prendre en compte les difficultés de chaque élève à adhérer et à comprendre le contenu du cours proposé mais avec des moyens physiques et surtout psychiques diminués. Les collègues participants (75 pour cent des collègues présents ce matin) ont fait l’appel de leur classe dans leur salle et sont descendus avec leurs élèves sous le preau où ils ont assisté ensemble à une projection dans ce cadre. Comme à l’habitude dans nos cours, des élèves ont décroché et ont été tenté de s’amuser dans la cour (l’équivalent, ce jour, de nos salles de classes). Bien évidement, ils sont restés sous notre surveillance, mais comprenez qu’à soixante deux ans passés, nous n’avons pas eu l’énergie mentale suffisante pour apporter à chacun d’entre eux la réponse qui lui convenait au moment de son décrochage afin de conserver son intérêt pour le contenu du cours proposé. Après trente minutes de cours et alors que nous sommes intervenus auprès de deux élèves sur trois qui décrochaient du sujet proposé, cinquante pour cent des élèves faisaient tout autre chose que le cours proposé. Cela n’a pas été sans conséquences sur les possibilités de suivre pour ceux qui le souhaitaient.

Chaque parent qui a élevé une fratrie sait que les enfants sont tous différents. Nous, nous en avons 24 au moins, et l’on se doit d’apporter une attention adaptée au bon moment à chacun d’entre eux. Être à l’affût de leur décrochage et y répondre de la manière qu’il convient pour chacun d’entre eux demande une très grande attention.

Nous faisons des études à BAC+5 que nous finissons entre 22 et 25 ans auxquels vous ajoutez 43 annuités, cela fait, qu’avec les reports successifs de retraite, nous ne pouvons y prétendre, à un taux plein, qu’entre 65 et 68 ans.

Comment peut-on conserver une si grande attention pour nos élèves après 62 ans ?

A une époque où le niveau scolaire de la France est en forte baisse selon le classement PISA ( en français : "Programme international pour le suivi des acquis des élèves" ) ; Comment penser que ses réformes successives sur les retraites permettent de relever le niveau des élèves français ? »

Enfin, comment une grand-mère ou un grand-père pourrait-il apprendre quelque chose correctement à 24 petits enfants en même temps ?

Pour l’ensemble des collègues investis dans l’action, Patrice Bernard enseignant d’EPS


Un message, un commentaire ?

signaler contenu


Facebook Twitter Linkedin Google plus