Non au terrorisme du centre-ville

18 décembre 2007

Il faut développer les centres-villes, dit la Chambre de Commerce. A la veille d’une réunion de la CDEC, un de ses vice-présidents menaçait : nous ne voterons pas pour l’extension du Jumbo-Score de Sainte-Marie si le maire ne fait rien pour le “centre-ville”. Au nom de quoi pouvait-il agir ainsi ?
Or, il faudrait, d’abord, définir c’est quoi le “centre-ville”. Est-ce : le centre géographique ? Le centre administratif ? Le centre historique ? Pour la Chambre de Commerce, le “centre-ville” est le lieu historique où se concentrent des commerces. Cela se discute. Si l’on découpe Saint-Denis en plusieurs communes, parlerait-on du “centre-ville” ? Avec la progression démographique et l’extension urbaine, le cœur historique n’est plus le “centre-ville”. Aujourd’hui, dans la même commune, co-existent plusieurs centres, et avec le corridor urbain qui se développe sur le littoral, il est difficile de dire où est la périphérie, où est le centre.
Il faudrait surtout faire un bilan de tous les investissements réalisés par la collectivité pour le centre-ville depuis sa création. On constatera que des efforts ont été faits. Faut-il les continuer et moins bien traiter les autres quartiers ? Faut-il investir pour quelques centaines de commerçants qui ont fait le choix du libéralisme ? Au nom de quoi développer le centre de Saint-Paul, mais pas celui de la Saline-les-Hauts ?. Et puis, les commerçants du centre-ville nous offrent quoi et à quel prix ?
Ceux qui menacent les commerçants du “centre-ville” sont d’abord des... commerçants qui s’installent ailleurs sous d’autres enseignes en grande surface. La voiture est l’autre ennemi : les cœurs historiques des communes n’ont pas été conçus pour eux.
Les commerçants du centre sont des égoïstes. Ils refusent de se regrouper pour s’installer dans les nouveaux centres ou pour discuter de leur implication dans les espaces commerciaux qui se créent ici et là. Les commerçants du centre-ville historique de Saint-Paul ont laissé se développer Saint-Gilles-les-Bains sans broncher. Ils n’ont pas réagi devant la création d’un quartier commercial à Savannah. Aujourd’hui, ils se plaignent. A Sainte-Marie, près du port, 14 hectares de terrain vont se libérer et pourraient recevoir des commerces, un complexe hôtelier. Le “” va-t-il regarder faire ?
Le développement de ces espaces ne doit pas se faire dans l’intérêt d’une minorité. Un “centre-ville”, c’est aussi une animation culturelle, des lieux publics, des services, des administrations pour recevoir des gens. Ce n’est pas que des commerces, et la CCIR ne peut être le seul ordonnateur de son aménagement.
Arrêtons donc avec le terrorisme des commerçants du centre-ville.

Jules Mamosa


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