Canne à sucre : derrière le manque de bras, le problème du revenu des planteurs à cause de la stratégie de Tereos
14 août, parRecrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
23 février 2008

En parcourant les projets des candidats aux municipales on se dit que certains oublient un peu vite que nous vivons sur une île à risques. Quelques risques amenés par l’homme, mais surtout des risques naturels réels qui pèsent sur nos têtes comme une épée de Damoclès. Éruptions volcaniques, tremblements de terre, orages, feux de forêts, sécheresse, inondations, glissements de terrain, épidémies, cyclones et raz-de-marée nous menacent. Seules les invasions d’insectes semblent devoir nous épargner...La brève histoire de la Réunion recense toutes les catastrophes qui nous ont touché depuis 350 ans. Du coup, on se demande pourquoi tant d’élus et de candidats de toutes tendances tiennent tant à proposer un port ou des aménagements de plage à des endroits connus pour leur dangerosité. Avec leur violence naturelle, les cyclones et les raz-de-marée balayent si facilement nos fragiles ouvrages humains.
Ainsi, pour le chef-lieu, il suffit de parcourir le guide illustré de la Réunion de Gabriel Gérard (pages 31 et suivantes) pour constater la vanité de toute entreprise de création de port au Nord de notre île. L’aventure commence avec Labourdonnais en 1738 qui fait construire un "pont volant"... détruit par un cyclone 20 ans plus tard. En 1819, c’est Milius qui fait construire une jetée... à moitié détruite dix ans plus tard par un cyclone en laissant un petit bassin appelé Barachois. Un pont en bois est reconstruit plusieurs fois et réalisé en fer en 1874. En 1912, le bassin qui s’ensablait peu à peu est comblé. Le cyclone de 1948 détruit le pont en fer en projetant les quelques blocs qui restaient de la jetée Milius... et en 2007 la barge commanditée par la mairie de Saint-Denis était emportée comme un fétu de paille par la houle de Gamède.
Alors pourquoi s’entêter à vouloir créer un port à Saint-Denis, un autre à Saint-André ou encore à Sainte-Rose, pour n’évoquer que les plus grandioses. Les finances communales seraient-elles si excédentaires qu’on ne saurait plus quoi faire de l’argent des contribuables ? Les familles qui attendent un logement décent depuis des années sont-elles prêtes à cautionner de telles dérives ?
Alors mesdames et messieurs les élus et candidats, abandonnez bien vite des projets contre nature, car c’est la nature qui aura le dernier mot, notre histoire le prouve. Il y a bien mieux à faire avec l’argent public que nous mettons à votre disposition.
Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis
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