L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
7 février 2008

Après le "contrat unique d’insertion", les multiples emplois précaires -renouvelés parfois durant des années - un nouveau coup vient d’être lancé par le gouvernement actuel de droite contre le "contrat à durée indéterminée" auquel tout un chacun devrait pouvoir prétendre pour avoir une vie stable et sereine. En effet, quels projets (construire une maison, ou une vie de couple harmonieuse par ex) peut-on construire si toute sa vie on ne peut au mieux bénéficier que d’un "contrat d’avenir", "emploi jeune" ou autre activité occupationnelle temporaire avant de retomber dans le "fénoir" du chômage et de l’inactivité ? Comment ne pas comprendre ces jeunes inactifs, (plus de 40% içi) délibéremment laissés "au bord du chemin" et qui désespérés se laissent aller au RMI à vie (solution choisie par le gouvernement semble t’il) l’alcool, ou pire la délinquance et la destruction des biens que "ceux qui se lèvent tôt" ont construit avec leur sueur ?
Avant 1981, on partait en France "au petit bonheur la chance". On tentait le coup comme au poker ou au millionnaire et parfois on finissait mal dans la mendicité sous les ponts des grandes villes ou comme maîtresse obligée d’un homme qui vous avait recruté comme "Employée de maison".
C’était du temps du BUMIDOM... En 1981, on met enfin de l’ordre, on prévient, on accompagne, on contrôle la migration et surtout on rend possible la "mobilité" et donc la possibilité de revenir au pays, doté d’une bonne formation et d’une sérieuse expérience. Certes, il pouvait y avoir des "loupés"
mais c’était tout de même mieux qu’avant, ou que partir tout seul à l’aventure... Commençait la belle aventure de l’ANT... dont on veut supprimer les moyens financiers des 3/4 (de 73% exactement). Evidemment "les caisses de l’Etat sont vides " sauf pour le Chef de l’Etat (augmentation de 140% mini) et les plus riches (paquet fiscal pour les plus grosses fortunes)...
On sait qu’il y a plus de 10.000 naissances/an à La Réunion et qu’il n’y a qu’environ 4000 emplois proposés - désormais précaires pour la plupart.
Restent 6 000 personnes "sur le carreau". La mobilité permettait jusqu’à maintenant aux plus motivés et aux plus audacieux (environ 3000 soit la moitié) - ou simplement aux personnes désespérées de ne se voir offrir que des emplois précaires - de tenter leur chance là bas, en Métropole, au Canada, ou ailleurs... d’y rester s’ils le voulaient ou de revenir, porteurs d’une véritable compétence (formation sérieuse + expérience) pour enrichir la vie économique locale et mettre en place au pays leur projet de vie. Ceux-là, et nombreux sont ceux que j’ai croisé dans la rue, me remerciant même, et me disant fièrement : j’ai suivi vos conseils, j’ai fait la formation prévue et 3/4 ans là bas sur un poste fixe, et maintenant j’ai gagné içi un C.D.I et je suis heureux... j’ai une famille et ...des enfants. C’en est désormais fini pour les Réunionnais : ils sont condamnés à partir tout seuls "au casse pipe", à se désespérer ou à se laisser aller au chômage ou au RMI ou à tomber dans l’alcool ou la délinquance : triste programme.
Avant on disait : « la gauche a tout dépensé et il faut maintenant resserrer les vis ». On ne peut plus le dire aujourd’hui puisque la droite est au pouvoir depuis 20 ans. Comment se fait-il donc que les caisses soient vides ?
En tout cas, pour tout ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir un poste fixe, la situation devient de plus en plus précaire et dramatique : on réduit tout : les profs, les policiers, les tribunaux, l’accès à la santé (une des meilleures du monde) etc., on démantèle même le droit du travail, la flexibilité permettant à l’employeur, comme "le contrat unique d’insertion" en vue, de vous fiche dehors à tout moment. Et tout cela en moins de 9 mois... mais le meilleur reste à venir - échéances électorales oblige - l’accouchement va en effet se faire au forceps à compter de mars 2008... et là le pire est à redouter puisqu’il n’y aura plus de risques politiques... Je m’égare, me direz-vous ?
A 3 ans de la retraite - si on veut bien me la donner pour permettre aux jeunes de travailler - je pourrai me voiler la face. Eh bien non, je suis atterré
par l’évolution de la situation actuelle : ces jeunes sans avenir, ces érémistes qu’on essaye même pas d’aider à se réinsérer, cette précarité institutionnalisée pour tous. Pauvre France, qu’est elle devenue alors que nous pouvions nous vanter d’être un des pays les plus avancés d’Europe
autant au niveau industriel qu’éducatif ou sanitaire. C’est désormais fini tout ça. Qu’on ne me dise pas que c’est inexorable et la conséquence du "progrès" ! Nos gouvernants devraient avoir la sagesse de donner la priorité au travail sur la machine, et de protéger nos frontières européennes (taxation) pour défendre nos entreprises mises en danger par la concurrence de pays à bas salaires comme la Chine et par une mondialisation débridée. Finis nos rêves, finis nos projets ! pauvre jeunesse !
Patrice Louaisel
Ex-psychologue de l’ANT (durant 12 ans)
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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