Di sak na pou di

Nous serions-nous fourvoyés à propos des rêves ?

Frédéric Paulus / 8 novembre 2017

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Ce que nous avons nommé « rêves » ou « cauchemars » serait-il plutôt des productions illustrant la prodigieuse intelligence subliminale imagée de nos neurones ? Nous en comptons environ 100 milliards. Cette hypothèse suggère que cette intelligence créerait par le vecteur de l’image des scénarios anticipant des réalités ou compensant des habitudes comportementales qui limiteraient ou entraveraient nos potentialités génétiques et culturelles. Une telle intelligence se manifesterait à l’insu de notre conscience, nous ne l’aurions pas lucidement identifiée.

Nous évoquerons en faveur de cette thèse la découverte des « neurones miroirs » exposée par Giacomo Rizzolatti et son équipe en 1990. L’étape qui suit militerait selon Alain Berthoz, neuroscientifique et psychologue, « pour l’existence de « préperceptions » liées à un répertoire d’actions grâce auquel le cerveau peut simuler des actions pour en prédire les conséquences et choisir la plus appropriée. », p. 27, in Le sens du mouvement, (1997). Cette production imageante (pour ne pas dire ce rêve) et sa simulation lors du sommeil impliquent directement le rêveur. C’est bien lui qui dort. Il se voit en train d’agir. Le cerveau peut aussi anticiper une réalité. J’évoquerai une personne qui publiquement témoigna en présentant le scénario mis en image de l’assassinat du président Anouar El-Sadate quelque jours avant son décès. Le psychanalyste suisse Carl G. Jung évoquerait une fonction imageante d’anticipation.

Michel Jouvet (1992) a aussi suggéré sans pouvoir le prouver que les rêves seraient ces moments propices pour la restauration d’une information génétique rétablissant alors un ordre organique qui se serait codifié épigénétiquement en « déphasage » de sa codification suivant les informations génomiques initiales. Jung évoquerait une fonction de compensation.

Le cerveau a cette capacité de produire d’une façon autonome des images. Celles-ci ont été appelées rêves ou cauchemars. Dès lors devineurs et interprètes s‘en emparent pour en extraire une signification. Il est possible qu’une certaine perspicacité ait pu s’exprimer dans ces interprétations. Du fait des progrès en neurosciences et des sciences cognitives associés au formidable tâtonnement clinique et empirique du grand psychanalyste Carl Gustav Jung, il est possible que nous ayons un fil prometteur pour extraire cette intelligence qui semble s’illustrer pendant notre sommeil, intelligence subliminale inconsciente que nous aurions sous-évaluée.

Vivianne Thibaudier, dans l’ouvrage 100 % Jung, (2011, p. 39) dira : « L’important pour Jung n’est pas ce que nous avons pu refouler de nos désirs mais ce qui n’est pas encore né en nous ou n’a pas pu encore s’extraire et se différencier de « l’inconscience originelle ».

Frédéric Paulus, Cévoi



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Messages






  • Bonjour,

    Prétendre décrire ce qui se passe dans une machine vivante que nous connaissons si peu, relève d’un pari presque aussi insensé que regarder au-delà de l’univers visible ou d’un prétendu Big-Bang.
    Les chercheurs en neurosciences ont donc le mérite immense de s’attaquer à une sorte de quadrature du cercle. Et c’est vrai que toutes les observations cliniques qui peuvent éclairer ce domaine quasi infini, sont bonnes à prendre avec, bien entendu, la rigueur scientifique qui s’impose. Nous n’avons pas encore très bien compris, ni la psychologie, ni l’intelligence humaine. Alors, aller plus loin encore et sonder l’inconscient, me semble une aventure des plus périlleuse. La prudence donc s’impose. Dire qu’il y a une corrélation entre le rêve et le vécu, paraît une évidence. Mais quel est l’importance de cette corrélation, nous l’ignorons totalement. La marge d’influence entre le rêve inconscient et le vécu conscient peut aller, à mon sens, de zéro à l’infini, tant est versatile cette folle souplesse du rêve.

    François MAUGIS.

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