Nucléaire : un avenir rayonnant ?!

17 janvier 2008

Une explosion atomique, comme son nom l’indique, c’est la désintégration du noyau (d’où la qualification de “nucléaire”) de l’atome, qui est le constituant de base de la matière. Cette désintégration de l’atome libère une énorme quantité d’énergie, mais aussi des rayonnements, indétectables par l’Homme, qui vont perturber la structure de la matière de l’environnement immédiat sur des dizaines de kilomètres alentour, mais aussi beaucoup plus loin sous forme de nuages de particules transportés par le vent. Une centrale nucléaire fonctionne sur le même principe, c’est une explosion atomique régulée et étalée dans le temps. Ensuite, comme dans n’importe quelle centrale thermique, on récupère la chaleur dégagée en chauffant de l’eau qui va faire tourner des turbines. Le problème est que la réaction nucléaire peut s’emballer. On a frôlé la catastrophe à Three Miles Island, aux Etats-Unis, en 1979, et elle a eu lieu à Tchernobyl, en Ukraine, en 1986. La surchauffe a entraîné la fusion du réacteur qui s’est enfoncé dans le sol, diffusant dans l’environnement d’énormes quantités de particules et de radiations mortelles.
Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Agence internationale de l’énergie atomique reconnaissent comme conséquence directe de l’accident de Tchernobyl 50 morts d’irradiations aiguës et 4.000 cas de cancers de la thyroïde. Le centre indépendant d’expertise écologique de l’Académie des sciences de Russie, de son côté, estime que rien qu’en Russie, il y aurait aujourd’hui 67.000 morts imputables à Tchernobyl.
A la suite de cette catastrophe, alors que les pays d’Europe occidentale, constatant qu’un nuage radioactif s’était constitué et s’était dirigé vers l’Ouest, défendaient à leurs populations de manger des fruits et légumes frais et de boire du lait frais, le responsable du dossier pour la France, un certain Nicolas Sarkozy, déclarait qu’il n’y avait rien à craindre pour notre pays ! Pourtant, le Docteur Fauconnier, qui a longtemps exercé à la Rivière Saint-Louis et qui, alors, exerçait en Corse, a constaté une augmentation de 17% des cancers de la thyroïde chez ses patients à cette époque.
D’autre part, et c’est cela qu’il y a de terrible avec l’atome, c’est que la contamination ne s’arrête pas, mais qu’elle perdure pendant des centaines et même des milliers d’années. Le sol est irradié, il contamine la végétation qui contamine les animaux et les humains qui s’en nourrissent. Il naît aujourd’hui et il continuera de naître demain, en Ukraine, en Russie, en Bielorussie... des enfants difformes en quantité anormale.
Pour la même raison, la question des déchets des centrales nucléaires n’est pas résolue. Ils restent radioactifs pendant des milliers d’années. On se contente de les stocker en plein air ou enfouis dans des couches géologiques estimées stables. Cette question des déchets, de les traiter, de les stocker et de les surveiller pour des millénaires, de même que le démantèlement des vieilles centrales (elles ne fonctionnent guère plus de 25 ans) n’est pas pris en compte dans le prix du kilowatt nucléaire annoncé par EDF.
On peut avancer que la catastrophe de Tchernobyl a eu lieu dans un empire soviétique en état de déliquescence, c’est oublier un peu vite que la même catastrophe a failli se passer aux Etats-Unis, c’est oublier que les autorités françaises ont prévu que cela puisse se passer en France et qu’un plan ORSEC nucléaire existe avec malheureusement le sacrifice des populations en première ligne. On dit que la chute d’un avion détourné ne peut pas provoquer de catastrophe nucléaire, mais on interdit le survol des centrales. On dit enfin que le nucléaire civil ne permet pas de parvenir à la fabrication d’une bombe atomique : foutaise ! Bien sûr que si ! Et notre président-voyageur de commerce est en train de jouer les apprentis sorciers à proposer des centrales nucléaires à des dictateurs incontrôlables, tels Ahmadinejad, Khadafi... Le Pakistan est au bord de la guerre civile : que va devenir leur arsenal atomique ?
Dernières remarques : on prend quand même la précaution de construire les centrales nucléaires sur un sol stable comme le socle de granite très ancien de Flamanville. Le sol de La Réunion ne répond pas à ce critère, et quelle est la commune qui acceptera d’accueillir sur son sol cette splendide attraction touristique ? Enfin, la ressource en uranium n’est pas énorme, la probabilité actuelle est qu’elle sera épuisée avant le charbon. Le nucléaire, ce n’est pas une source d’énergie durable, mais une source durable de graves ennuis !

Jean-Pierre Espéret
Les Verts-Réunion


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Messages

  • A y regarder de près, le nucléaire n’est en rien une énergie d’avenir. Pour s’en convaincre, il suffit de faire ce constat sur la production annuelle d’uranium : Réserves et production d’uranium

    Et ne tombons pas dans le piège de ceux qui nous vantent les réacteurs du futur. Un autre constat est fait ici : Les réacteurs nucléaires de 4e génération : une illusion pour l’énergie

    Lorsque ceux-ci pourront être déployés, vers 2040 ou 2050, il sera trop tard pour le nucléaire qui sera depuis longtemps déjà sur la pente descendante.

    Pendant ce temps, les énergies renouvelables seront devenues abondantes et d’un coût très inférieur à celui d’aujourd’hui. Mais il ne faudra pas en abuser : les économies d’énergie sont et seront toujours la première ressource énergétique.


Témoignages - 82e année


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