Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
19 août 2003

La lutte de la Confédération paysanne contre les organismes génétiquement modifiés (O.G.M.) et la libération de José Bové sont justes. La Confédération paysanne avec José Bové essaie de défendre le moratoire signé par la France, qui demande d’avoir des garanties (principe de précaution) quant à l’innocuité des OGM. Le gouvernement doit tenir compte des rapports d’organismes reconnus et responsables tels que la SOIL Association (association de promotion de l’agriculture biologique au Royaume Uni).
La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France et Greenpeace incitent les pouvoirs publics à se pencher sur un rapport de la SOIL Association de septembre 2002, qui révèle le bilan désastreux de l’agriculture transgénique en Amérique du Nord.
Le soja, le maïs et le colza génétiquement modifiés ont coûté à l’économie américaine depuis 1999 au moins 12 milliards de dollars en subventions, baisse des prix, pertes de marchés d’exportation et rappels de produits. Les agriculteurs n’ont pas obtenu les profits promis par l’industrie des biotechnologies. Les problèmes de contamination entre cultures traditionnelles et cultures d’OGM ont entraîné une kyrielle de difficultés économiques et juridiques.
La SOIL Association a rendu public aujourd’hui un rapport accablant sur plus de six années de cultures OGM aux Etats-Unis et au Canada :
- rendements décevants ;
- épandage massif d’herbicides, dont l’atrazine, un herbicide toxique dont l’usage est censé être rendu inutile par les OGM ;
- apparition de résistances simultanées à 3 molécules herbicides chez les adventices ("mauvaises herbes") ;
- dégâts des pyrales du maïs remplacés par ceux d’autres insectes (…en attendant une résistance à la molécule Bt contenue dans les maïs insecticides) ;
- effets "secondaires" totalement imprévus et dommageables aux paysans ;
- pertes de marché et prix bas pour les producteurs ;
- impossibilité de se fournir en variétés non contaminées ;
- impossibilité de maintenir des filières sans OGM.
Pourquoi maintenir et forcer à tout prix la filière OGM ? D’énormes intérêts sont en jeu pour des multinationales telles que Monsanto ou Aventis. La recherche n’a pas encore abouti et déjà il faudrait disperser les OGM partout, l’être humain devrait en consommer alors que les études pour lancer un médicament prennent une quinzaine d’années.
Les enjeux sont considérables et les brevets sur les OGM permettraient à quelques multinationales de prendre le contrôle de la faim dans le monde : en effet, le paysan se trouve démuni devant la puissance financière et juridique de ces multinationales.
Ainsi, des paysans nord-américains sont attaqués en justice pour utilisation de semence non achetée ; il est interdit par contrat de sélectionner ses semences pour les faire germer ; des détectives privés viennent contrôler même en l’absence de l’agriculteur ; certains ont eu des pousses transgéniques par dispersion à 2 km d’une culture de plein champ ; le paysan préfère traiter à l’amiable avec la multinationale par peur d’un procès long et coûteux, à l’issue incertaine.
On sent la pression exercée sur les récalcitrants et éventuellement les manœuvres frauduleuses pour les faire rentrer dans le rang.
Il est évident qu’il deviendra sous peu impossible de tenir une filière sans OGM, car c’est au paysan de se protéger. Les malades éventuels devront prouver que les OGM les ont empoisonnés ; mais de nombreux experts et juristes ou magistrats bien payés feront traîner et minimiseront ou même pourront gagner leur procès.
Puis, l’État prendra en charge les indemnités aux victimes sur fonds publics, victimes qui auront dû collecter toutes les données, trouver de nombreux cas aux causes parfaitement identifiables, trouver beaucoup d’argent, puis se lancer dans une procédure longue et complexe.
Le paysan qui produit ses semences est indépendant et maître sur ses terres. Depuis 250 ans sur les animaux et 150 ans sur les végétaux, les semenciers ont cherché à déposséder le paysan de son pouvoir : ce furent les hybrides, d’un bon rendement mais les semences deviennent de moins en moins performantes. Puis il y a eu Terminator, une semence possédant son propre gène mortifère ; aujourd’hui, il y a Traitor : la plante ne pousse que si elle est traitée avec le produit vendu par le semencier.
Pour tout cela, il a fallu faire disparaître les petits semenciers ; ils ont été rachetés et ont pratiquement disparu en Europe.
En France, des lois (socialistes) ont permis de lourdement taxer les semences de plantes ou variétés anciennes, d’interdire le tri à façon pour sélectionner facilement les semences. Une petite entreprise d’Alès a ainsi été privée de ses clients.
Les États délèguent leur pouvoir à des intérêts privés et les partisans des OGM ont forcément de gros intérêts personnels pour envisager sans état d’âme d’asservir l’humanité à des intérêts privés, intérêts qui seront alors investis d’un pouvoir de vie et de mort quasi divin.
Et vous, voulez-vous faire de la faculté des plantes et des animaux à se reproduire le privilège de quelques firmes transnationales ?
Avez-vous déjà décidé d’interdire au paysan de semer le grain qu’il récolte ?
Vous a-t-on déjà demandé votre avis sur ce sujet lourd de conséquences pour l’avenir de la planète tout entière ?
Ce n’est pas parce que les OGM sont un sujet complexe qu’il faut le confier aux seuls experts, tous plus ou moins juges et partie. Ce sont les citoyens qui doivent encadrer et fixer les règles, par l’intermédiaire de leurs représentants.
La transformation de l’hérédité a un caractère définitif, c’est une immense responsabilité que nous ne devons pas laisser aux mains de quelques décideurs économiques ou politiques.
En tant que citoyens, nous devons imposer l’ouverture d’un large débat, déjà à l’échelon de notre commune : tant que la preuve de l’innocuité des OGM n’aura pas été faite, demandons que notre commune soit sans OGM, aussi bien dans les cultures sur le terrain communal que dans les repas servis dans les cantines ou les centres de soin.
En tant que militants, nous devons vivement dénoncer la répression dont sont victimes les opposants aux OGM : même si nos points de vue sur les OGM peuvent diverger, l’heure est au débat et à l’information, non à l’emprisonnement.
En tant que consommateurs, nous devons revendiquer un étiquetage clair pour les produits contenant des OGM, qu’elle qu’en soit la quantité, et pour les aliments dont la production a fait appel à des OGM.
ATTAC demande que le Parlement européen et les Parlements nationaux, via leurs gouvernements :
- exigent de la Commission et du Conseil des ministres de l’Union européenne la mise en place d’un moratoire sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) ;
- la mise hors-la-loi des nécrotechnologies du type Terminator ;
- le dépôt de mémoires auprès de la Cour de justice des Communautés européennes pour soutenir la demande d’annulation de la directive européenne sur la "protection juridique des inventions biotechnologiques" effectuée par les gouvernements des Pays-Bas, de l’Italie et de la Norvège.
ATTAC demande en particulier aux députés et sénateurs français :
- d’intervenir auprès du ministère des affaires étrangères pour que la France dépose auprès de la Cour un mémoire contre la directive, et non pas en sa faveur ;
- d’exiger du ministre chargé de la recherche l’arrêt de Génoplante, dont l’objectif est de socialiser les coûts de la privatisation du vivant, et le redéploiement des moyens de recherche vers une agriculture durable, autonome et paysanne ;
- de mettre en place des instruments de contrôle démocratique afin de placer le puissant outil de recherche des biotechnologies au service de la vie, et non du profit et de la mort ;
- de demander au gouvernement français, puis à l’Union européenne, et enfin à l’Organisation des Nations unies, la proclamation solennelle d’un droit de l’homme nouveau : le droit sur le vivant et les ressources génétiques en tant que bien commun de l’humanité, inappropriable par nature et par quelque moyen que ce soit.
ATTAC Réunion invite le samedi 6 septembre à 14 heures, dans le cadre de l’appel lancé par José Bové pour mettre en échec le sommet de l’OMC qui se tiendra à Cancun, toutes les personnes concernées à une action contre l’Organisation Mondiale du Commerce et les organismes génétiquement modifiés dans la zone commerciale de Savannah à Saint-Paul.
Pour plus d’informations, nous écrire à [email protected]
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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