On ne peut dissocier la violence scolaire du manque d’encadrement

4 septembre 2007

Auparavant, c’était les surveillants d’externat et maîtres d’internat qui assuraient cet encadrement. Ces jeunes recrutés par le Rectorat selon le niveau universitaire et les critères sociaux provenaient de familles modestes, étaient souvent du quartier ou de la ville, connaissaient pour beaucoup les élèves et leur famille, cela leur permettait d’avoir un contact plus facile avec les élèves et asseoir leur autorité. De plus, le salaire qu’ils percevaient leur permettait de financer leurs études. Ainsi, bon nombre de MI/SE sont devenus professeurs des écoles, des lycées et collèges.
Aujourd’hui, le corps de MI/SE a disparu pour laisser place aux assistants d’éducation. Ceux-ci sont recrutés directement par les Principaux de collèges et Proviseurs de lycées. Les questions de critères sociaux de même que la limite d’âge ont été rayées. Les dérives redoutées par nombre d’étudiants réunionnais se sont avérées réelles. On trouve aujourd’hui chez les assistants d’éducation dans certains lycées et collèges de La Réunion des fils ou filles de chefs d’établissement, d’enseignants, des copains ou copines, des maris ou femmes d’untel. Ces personnes qui, pour certaines, ne comprennent pas le créole sont en déconnexion totale avec la réalité sociale que vivent les élèves et les famillles. C’est donc à ces personnes à qui il est demandé d’encadrer les élèves de prévenir les phénomèmes d’incivilités et de violences, alors qu’elles sont quasiment en situation de non communication avec les élèves.
Le statut d’assistants d’éducation leur confère des avantages non seulement sociaux mais également pour passer les concours enseignants en interne. Pendant de ce temps, d’autres jeunes étudiants réunionnais dans le besoin restent sur le carreau ou doivent courir derrière leur maire pour obtenir un Contrat d’avenir en établissement scolaire beaucoup moins rémunéré et beaucoup moins avantageux professionnellement. Malheureusement souvent avec un simple Bac +2, on leur répond qu’ils sont trop diplômés.
Il faudrait que le Rectorat mette fin à ces pratiques de certains chefs d’établissement qui consistent à favoriser une catégorie par rapport à une autre avec de l’argent public. Car c’est cela donner plus à ceux qui en ont plus.

Mélanie C.
Bien placée pour connaître la situation


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Témoignages - 82e année


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