Di sak na pou di

On se fou du monde

Lettre ouverte à la recherche médicale

François Maugis / 9 septembre 2020

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Au cours de ma longue carrière, je n’ai pas entendu une seule fois un médecin me dire ce que j’aurais dû faire pour ne pas être malade. Partant alors de plusieurs constats : le déficit de la Sécurité Sociale et le fait qu’une personne équilibrée et en bonne santé, résiste fort bien et sans appui médical ou pharmaceutique à 90% des maladies les plus courantes, on peut se demander pourquoi la recherche sur les facteurs et les actions favorables à la santé semblent absente des priorités de l’État.

Par contre, développer des recherches (très intéressées) sur de nouvelles molécules à usage médical, bénéficie de la quasi-totalité des dépenses de l’État en matière de recherche médicale. Il y a semble-t-il à La Réunion, pléthore de plantes rares aux vertus magiques, je pense en particulier au projet de Monsieur Sorres d’étudier les secrets du bois de pêche marron (Page 12 du JIR du 8 septembre 2020).

Si nos hommes fortunés locaux souhaitent investir dans la recherche de ces molécules miracle (je pense à la Sté Habemus Papam et son investisseur Alain Orriols, mais il y en a d’autres), pourquoi pas. Mais en ce qui concerne les fonds publics, j’attire l’attention de nos décideurs politiques locaux sur cette problématique : Ne serait-il pas vertueux et logique d’aider autant la recherche dans la formation à la santé et la prévention que dans le curatif, c’est-à-dire la recherche de ces fameuses molécules plus ou moins magiques, mais nous le savons tous, également plus ou moins dangereuses.

Avant de leur apprendre à soigner leurs maladies, il me paraît parfaitement logique et vertueux d’apprendre à nos concitoyens comment ne pas être malade. On ne l’a pas dit assez au cours de cette pandémie, on ne l’a même pas dit du tout : « Une personne en bonne santé a très peu de chance de voir sa santé sévèrement atteinte par le virus SARS-CoV-2 ». Un drôle de nom pour un virus, vous en conviendrez. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
On se fou du Monde.
 
François-Michel Maugis