APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
11 août 2003

Quand on est amoureux de la sagesse et en quête permanente de la vérité, l’expérience de la vie nous apprend à tout relativiser et à tout positiver. C’est ce que je veux faire à propos de la longue lettre sur les déplacements signée M. S. et parue samedi dernier dans "Témoignages".
Cette lettre contient un grand nombre de malveillances, de procès d’intention, d’inexactitudes, de confusions, de contradictions et de propos hors-sujet que les lecteurs de "Témoignages" auront relevés d’eux-mêmes et que - pour les raisons citées plus haut - je ne passerai pas au crible de la critique. D’ailleurs, l’importance et la complexité du défi à relever par La Réunion en matière de politique des déplacements mérite autre chose qu’une polémique à ce niveau.
Je ne veux donc retenir de cette lettre qu’un seul point, qui me semble très positif : c’est l’accord profond exprimé par l’auteur avec la position toujours défendue par "Témoignages" en faveur d’une politique multimodale des déplacements à La Réunion. Cette position peut se résumer en deux points :
1) Une telle politique des déplacements est inséparable d’une politique globale et cohérente en vue d’un développement durable et solidaire. Ce n’est certes qu’un élément parmi beaucoup d’autres d’un développement humain, respectueux des droits fondamentaux de chaque citoyen et de l’environnement. Mais il est important.
En effet, la politique du tout-automobile menée depuis des dizaines d’années à La Réunion - comme ailleurs dans le monde - n’a pas d’avenir. Car la course perpétuelle entre l’utilisation de la voiture individuelle et la construction de routes ne parvient pas à respecter de manière satisfaisante le droit à la liberté de déplacement pour tous ; en outre, elle est coûteuse pour les citoyens comme pour la collectivité en termes de frais divers, de consommation des sols, d’aménagement du territoire et de pollution.
2) Comme son nom l’indique, la politique multimodale des déplacements signifie l’usage de plusieurs moyens pour se déplacer. Elle ne s’oppose évidemment pas à tel ou tel mode de déplacement en particulier, comme par exemple la voiture individuelle. Elle s’oppose uniquement à la quasi obligation d’utiliser un seul et unique moyen pour pouvoir se déplacer (le tout-automobile). Elle favorise l’usage efficace, sûr, au moindre coût et non-polluant des différents moyens de déplacement en fonction des besoins et des intérêts de chacun selon les circonstances, comme en fonction des intérêts des générations à venir. Il s’agit simplement de pouvoir varier dans le temps et sans exclusive les usages des différents moyens de déplacements, comme la voiture individuelle, les transports collectifs, le vélo ou les autres deux-roues, la marche à pied etc… De ce point de vue, des réalisations comme l’axe mixte entre Le Port et Saint-Paul ou la route des Tamarins, qui sont ou seront ouvertes à tous ces usages, sont effectivement exemplaires.
Donc, plus que jamais, nous disons oui à une politique multimodale des déplacements à La Réunion.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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