Papa, quel train...?

26 décembre 2006

“La sucée des solidarités maternantes...” dans la bouche de certains de nos élus se traduise par : “zanfan i plèr pa i gaye pa tété...”. Cette expression vient souvent justifier une démarche dont nous attendons une issue qui nous soit favorable. Les adultes que nous sommes ne s’offusquent absolument pas de la situation ridicule dont nous nous prévalons en sortant cette expression infantilisante. Les hommes que nous sommes, avec nos 30, 40 ou 50 ans à penser aux tétés, ces seins qui sont les objets de nos fantasmes, ils sont plus à caresser, à leur rendre les hommages qui sied aux adultes que nous sommes. Les atouts de nos amantes, nous devons faire droit à leurs légitimes besoins de caresses, alimenter les désirs, satisfaire les tensions jouissantes dont ils sont le siège. Dans tous les cas, à nos âges, notre attrait pour les seins n’a plus rien à voir avec la fonction d’allaitement. C’est d’un infantilisme. C’est nous condamner à n’être que des enfants que d’utiliser cette expression. Quels sont ces pouvoirs qui se nourrissent en nous faisant croire que nous sommes des enfants, donc que nous avons besoin de tétés. Nous le suggérer, c’est nous rappeler qu’ils peuvent aussi être nos papas ?

C’est ainsi que pour de nombreux Réunionnais, ils ont eu papa Debré, après papa Giscard, papa Mitterrand, “astèr papa Chirac”, comme cette grand-mère l’affirmait dernièrement lors de la visite du président. Combien d’ouvriers ont affirmé que leur patron était un papa pour eux... Que recouvre cette propension à nous abandonner aux générosités de ces pseudo papas ?

La précarité dans laquelle nous condamne de plus en plus cette société, notre fragilité, augmente-t-elle ce besoin ? C’est vrai que la sagesse populaire nous le fait chanter dans un séga, « maman inn sel, papa sinquante... ». Zordi, nou la finn arive krever papa.

Alex Maillot


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Témoignages - 82e année


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