Di sak na pou di

Pâques… et le carême

Georges Benne / 17 avril 2017

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Au-delà de la fête juive qui commémore l’exode d’Égypte et de la fête chrétienne, la résurrection du Christ, il faut aller à la racine pour bien saisir le sens profond de Pâque et celui du carême. Pâque vient de pascua qui signifie passage. Pâque, c’est le passage de la servitude à la libération. Et voici le texte oublié du prophète Isaïe ou Esaïe tel qu’il a été repris et actualisé par le père Jean Cardonnel : « Vous croyez que c’est un jeûne qui plaît à Dieu, celui de l’homme qui courbe l’échine, qui se plie en deux ?… Incliner la tête comme un roseau, se coucher sur le coup du destin, c’est ce que tu appelles un jeûne, un jour faste à la Parole ? Allons donc ! Le jeûne qui me plaît, je vais te le dire : casser les chaînes injuste, détacher tout ce qui enchaîne, renvoyer libres les opprimés, briser toutes les servitudes, partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans abri, vêtir celui que tu vois nu… Alors, ta lumière poindra comme l’aurore, ta blessure sera vite cicatrisée, ta justice marchera devant et ma gloire derrière. Alors si tu cris, la Parole répondra à tes appels ; elle dira : « Je suis là. »

« Tant que notre monde restera ce qu’il est, dira le père Cardonnel, une mosaïque de clans, de tribus, fragmentés à l’infini, unis par le culte d’intérêts qui s’opposent nécessairement, la justice ne marchera pas en avant de nous et la gloire du Verbe créateur ne nous accompagnera pas. Notre prière n’en sera jamais une parce que prier suppose la volonté, qui est grâce, de transformer le monde de fond en comble ; c’est le bruit des chaînes qui parvient aux oreilles du Créateur. Si je conserve le monde en son état, j’ai beau crier, Dieu est sourd. Je pourrais égrener tous les chapelets de toutes les confréries, mes doigts s’useront et se décomposeront avant que la Parole ait répondu : « Je suis là. »

Georges Benne