Parc national : et le comité de vie locale ?

21 septembre 2006

Chacun a reçu "Le Fanjan" (lettre d’information du projet Parc National de La Réunion) appelant les Réunionnais à s’exprimer dans le cadre de l’enquête publique.
Depuis cinq ans, un travail important d’élaboration conjointe a été bien conduit, avec la volonté d’associer le maximum d’acteurs, dont les Associations locales.
Ce qui est le plus étonnant, c’est d’ouvrir la page 6 de cette lettre : "Qui décide ? Qui est associé ?"
Sur un conseil d’administration de 88 membres, nous trouvons 35 représentants des collectivités territoriales et 13 représentants de ministères (soit 55%).
La sacro-sainte loi "Qui paie, décide" est bien appliquée.
Sur les 34 personnalités à compétences locales, des capacités de désignation sont données aux chambres consulaires, au C.E.S.R., à deux fédérations départementales (pêcheurs -chasseurs) et aux Associations agréées pour la protection de l’environnement (15 sièges, soit 17%).
Tous les autres membres sont désignés par les collectivités territoriales ou leurs instances.
N’est-il pas curieux, par exemple, de voir que le seul représentant de l’éducation populaire sera proposé par le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (dont nous saluons le remarquable travail en la matière) alors qu’il existe très officiellement une coordination régionale des Associations de jeunes et d’éducation populaire (CRAJEP) garante d’une charte élaborée nationalement et donc en capacité de désignation pertinente.
Les Associations ? On ne les voit donc reconnues qu’au titre de la protection de l’environnement (4 membres). Les habitants ? Parlons-en : "2 représentants des habitants du coeur, sur proposition des communes de La Possession et de Saint-Paul".
Les Associations locales, consultées valablement en amont du projet, ne seraient donc pas capables de désigner leurs représentants, alors qu’il s’agira de décider des grandes orientations (la charte), du budget, du régime des aides etc. Et on est en droit de se demander s’il faut rire ou pleurer de voir que le poids des habitants dans la décision sera de 2,2% !
C’est toujours le même système, absolument contestable en démocratie. On veut bien que les citoyens participent, mais uniquement ceux que les élus et les institutions ont envie de voir et d’entendre.
L’Association pour la démocratie locale à la Réunion et dans l’Océan Indien (ADELROI) a évidemment répercuté ces observations auprès de la Commission d’enquête publique et interrogé, en particulier, sur la disparition d’une instance annoncée dans le dossier de presse émanant de la "Mission Parc" en date du 25 mai 2005. Il y est écrit : "L’exposé des motifs annonce, à travers le prochain décret d’application, la création d’un Comité de vie locale pour donner des avis au Conseil d’Administration".
Des citoyens conscients, libres et autonomes souhaitent savoir si le coupable est à chercher au niveau national ou au niveau local.
En tout cas, nous ferons tout notre possible pour que les Associations et fédérations locales, en tous domaines concernés, constituent ce Comité, car il n’y a évidemment pas d’autorisation à demander pour le faire, si on lit correctement l’article 1 de la loi 1901.

Marc Vandewynckele


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