L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
3 octobre 2007

À l’heure où s’approchent à grands pas des enjeux fondamentaux pour l’équilibre et l’avenir de la population de notre île, au moment où se profilent de plein fouet nombre de défis incontournables, en ces instants de concertations, d’échanges et de propositions de nos responsables, avec des interlocuteurs ministériels, le temps me semble propice à la réunion de toutes les forces, sans distinctions partisanes, en notre lieu qui mérite si bien de porter un si joli nom.
Quelles sont nos richesses ? Nous avons nos atouts et nos faiblesses, mais pourtant, elles sont similaires à celles sous d’autres cieux : l’Homme et la société, le territoire et l’activité. Quatre pôles qui sont les assises de toute communauté. Quatre domaines qui pourraient être des axes d’appui de nos réflexions. Quatre points qui se rejoignent, à la croisée de nos déterminations.
Je vais tenter de résumer quelques pistes qui sont les nôtres, sans avoir la prétention de toutes les énumérer, bien évidemment : Seul un travail d’équipe est à même, je crois, de pouvoir réaliser cette ambition (il existe d’ailleurs d’excellents comptes-rendus de travaux sur tous ces thèmes, qui sont autant de pistes à s’approprier).
Le territoire tout d’abord, et son aménagement, avec la répartition des terres (et des espaces marins) qui nous permet de traduire sur du concret les différentes actions. Notre Parc Naturel, les périmètres protégés, ceux à risques, les surfaces agricoles, le logement dans les secteurs urbanisés, les zones à portée économique, toutes maillées avec les infrastructures que sont les routes, les écoles, les stades, et autres : En se basant sur des données statistiques, existantes ou à pourvoir, nous disposons d’éléments pour ce travail de fond, imposant, mais nécessaire à toute croissance harmonieuse, sinon durable, au sens éthique du terme. En dessinant la carte de demain, nous définissons d’emblée les surfaces à épierrer, celles où tracer les sillons de nos décisions, sans trop craindre de futures déconvenues.
S’y greffe notre activité, qui vient animer l’ensemble de ces découpages géographiques, dont nos porte-drapeaux, issus tout à la fois de la tradition et de la vocation : L’agriculture (la canne, le maraîchage, l’élevage, les essences, la vanille, l’industrie agroalimentaire...) et bien sûr le tourisme (qui gagnerait à se fédérer en filière organisée). Sans oublier toutes celles qui prospèrent, lorsque les indicateurs sont au vert : le bâtiment, les travaux publics, le commerce, l’artisanat etc... Les actuelles dispositions prévues me semblent insuffisantes pour créer une embellie sur nos emplois, même dans le cadre d’une franchise fiscale, pourtant si prometteuse. Pas plus que nos percées technologiques dans des secteurs de pointe.
Pour ma part, il me semble que nous pourrions profiter du débat concernant nos priorités territoriales pour étudier sereinement d’autres alternatives, en atténuant peut-être certaines facettes de notre développement ou, au contraire, en accentuant celles qui nous importent, comme par exemple l’autosuffisance alimentaire. Souvenons-nous que notre Histoire est porteuse d’un virage important sur le plan agricole, avec l’abandon du café, et qu’il serait peut-être judicieux de se ré-orienter, une nouvelle fois, avant qu’il ne soit trop tard. N’existe-t-il pas des cultures qui s’adapteraient à notre climat, à notre sol, à nos ressources humaines et aux marchés qui nous entourent ?
En outre, nous savons que la pérennité de l’activité repose essentiellement sur deux piliers : l’énergie et le transport, qui lui sont vitales pour exister. Notre indépendance concernant le premier point semble bien engagée, mais reste à poursuivre ; quant au second, nous en connaissons les problématiques actuelles et pouvons présupposer aisément celles qui viennent, quand bien même des solutions sont en cours d’aboutissement.
A propos de l’aérien, sauf fulgurant progrès technologique, la rentabilité, pour ce qui est du fret, est clairement en faveur du maritime, aussi, elle ne s’obtiendra, je crois, qu’en augmentant la capacité de trafic, avec l’embarquement de plus de passagers payant des tarifs au plus juste, et pourquoi pas plafonnés (avec détaxe fiscale à étudier peut-être aussi ici pour soutenir cette démarche d’équité avec l’ensemble des citoyens).
Et sur l’étendue de ce berceau, vit l’Homme, au sein de la société, plurielle parce que multiculturelle : ses besoins sont les déterminants à la base de toute prospective. Certes sa santé, son éducation, sa culture sont essentielles, mais plus que tout, c’est son épanouissement qui prime, sa Dignité, avec un emploi, un toit et de quoi vivre normalement. Il est important de prendre conscience, qu’au seuil de la seconde génération de bouleversements qui s’annoncent, les anciens repères, qui se délitent parfois, ont impérativement besoin de réaffirmer leurs valeurs structurantes dans l’objectif clairement proclamé d’un mieux-vivre ensemble : La famille est présente, et les solidarités sont encore actives, aussi, il serait bon de les fortifier au travers d’actes forts, générateurs de cohésion et de sentiment d’unité. Il me semble que la population réunionnaise ressent l’intense désir de se retrouver unie, raffermie par des élans communs, comme dans une communion laïque d’espoirs rassemblés : Je la sens bousculée, pleine d’incompréhensions, spectatrice impuissante de la perte de ses innocences, mais cette impression est certainement trop subjective.
Parfois, je me surprends à rêver au formidable impact sur nos esprits, que serait par exemple la réalisation d’une chaîne humaine, mains dans les mains (2mains pour 2mains), tout autour de notre île, sur cette bande littorale de bitume, comme une couronne de Fraternité, le plus beau des symboles de notre société.
Si chaque jour est un nouvel horizon à découvrir, alors soyons les conquérants de notre devenir, face à nos responsabilités. Car personne d’autre que nous, et nos enfants, devra un jour en affronter les lacunes d’aujourd’hui, soyons en certain, afin de nous épargner toutes illusions, qui seraient portes ouvertes à de nombreux égarements.
Jean Salim R,
Réunionnais de cœur et d’esprit
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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Messages
11 octobre 2007, 11:15, par sylvia
je ne sais plus qui a dit " si nous n’avions pas les rêves le monde serait insupportable " .
Rêvons donc et qui sait...
bonne journée Jean et merci pour ce voyage.