Di sak na pou di

Pas de place pour les gramounes dans les « logements sociaux… »

Patrice Louaisel / 19 avril 2021

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C’est l’aventure que nous avons vécu à « SOS Gramounes isolés » récemment. Nous avons accompagné un gramoune de 85 ans, rempli un dossier administratif sans résultat…pour au final après un refus de la commission ne trouver que des « marchands de sommeil marrons » (« donnez nous 1000 euros/mois en liquide, on vous loge et nourrit »), des chambres minuscules de 7/8m2 à 400 euros avec cuisine, WC collectifs chez des marchands de sommeil, des agences immobilières exigeant une « caution solidaire » et peu intéressés par le faible montant des ressources de nos gramounes…

En fait, il y a bien des logements sociaux mais en réalité réservés pour les « filles-mères », (pourquoi ne restent-elles pas chez leurs parents tant qu’elles n’ont pas de travail ?) les « familles nombreuses » et quand les enfants « s’envolent de leurs propres ailes », ils sont conservés en raison d’un très faible coût par le premier accédant qui n’a pourtant plus besoin de logements aussi grands.

Pourquoi ne sont-ils pas récupérés par les bailleurs sociaux qui pourraient les proposer à de nouvelles familles, voire à des gramounes qui pourraient notamment sur les F3 bénéficier ainsi d’un(e) accompagnant(e) pour veiller sur eux le soir et la nuit dans le cadre de la co-habitation solidaire de SOS Gramounes isolés » par exemple. (ce qui leur permettrait de rester chez eux et de ne pas ruiner famille [1] et collectivité [2] départementale au tarif EHPAD, maison de retraite (à partir de 2200 euros/mois) ou même « famille d’accueil » (trop souvent marronne) à 1400 euros/mois minimum.
Cette proposition faite aux bailleurs sociaux pourrait incontestablement être une des solutions possibles aux problèmes de logement des familles et des gramounes isolés et peu argentés.

Alors que les gramounes et leurs familles préfèrent rester chez eux, que l’étude réunionnaise « gramoune care » commandée par l’ARS (visible sur google) estime ne plus pouvoir financer de nouvelles structures et conclut qu’il faut encourager les gramounes à rester chez eux…une alternative telle que celle-là devient une évidence !

A l’heure des élections départementales, elle aurait toute sa place dans les programmes des candidat(e)s dans cet épineux problème irrésolu du logement social

Patrice Louaisel
Président de SOS Gramounes isolés

[1qui solidaires de leurs parents doivent en assumer le coût

[2qui prend en charge sur l’île 90 % du coût sur l’argent du contribuable pour les plus démunis