Di sak na pou di

Pathogénie des voies respiratoires et Covid-19 conditionneraient la pandémie

Frédéric Paulus / 22 avril 2020

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Nous sommes progressivement conduits à envisager cette pandémie, touchant principalement les adultes et causée par le coronavirus, comme liée à une pathogénie possible des voies respiratoires où le Covid-19 trouverait les conditions favorables à son épanouissement. Cette hypothèse implique également l’éventuelle pathogénie d’un nombre incroyablement élevé d’habitants de notre planète ! Nous en arrivons à penser avoir tort. Mais si, au contraire, existait une certaine plausibilité dans cette hypothèse, nous devrions nous risquer à l’exposer.

Il s’agirait déjà de prendre en compte le fait que les formes graves et les décès sont très rares chez les enfants. « Ils ne semblent pas être très malades ni en mourir » résume récemment auprès de l’AFP Justin Lessler, épidémiologiste de l’université américaine Johns Hopkins. Autre information fiable : Pour le Professeur Sigal Sadetsky, chef du service de santé publique au ministère israélien de la Santé, « les données montrent que les enfants propagent la maladie sans même que l’on puisse s’apercevoir qu’ils sont infectés ».
En France, une étude a été lancée mardi 14 avril 2020 par l’équipe du professeur Robert Cohen. Baptisée « Coville », elle porte sur 600 enfants venus consulter dans des cabinets pédiatriques d’Ile-de-France. Ils sont divisés en deux groupes : 300 enfants présentant des signes cliniques compatibles avec une infection au Covid-19 et 300 enfants sans aucun symptôme, amenés en consultation pour des vaccinations ou des problèmes non infectieux. Objectif : évaluer, à partir de tests PCR (prélèvement par le nez) et sérologiques, combien sont porteurs de la maladie. Les résultats seront connus d’ici un à deux mois.

En attendant les conclusions de ces recherches en cours, autorisons-nous cette hypothèse d’une pathogénie dissimulée ou contenue. Nos poumons se seraient adaptés à un mode de vie qui les aurait codifiés épigénétiquement ; à notre insu donc et à l’insu du corps médical qui ne dispose pas de normes en ce domaine où génétique et épigénétique se trouvent imbriquées. Ces interrelations entre génome et épigénome se traduiraient en ressentis d’un mal-être acceptable, difficilement décelable en termes de diagnostic médical mais qui aurait maintenu nos voies respiratoires dans un état de vulnérabilité potentielle. Celles-ci sont aujourd’hui victimes de l’agressivité de ce virus plus nocif que n’importe quel allergène qui peut empoisonner la vie de ceux qui en sont déjà victimes. Nous aurions atteint un niveau de pathogénie qui devient morbide et cela « de concert » sur toute la planète. Ceci nous force à soulever cette question : Qui peut affirmer que notre mode de vie de terriens favorise notre épanouissement, ou tout au moins l’épanouissement de nos poumons ?

Cette hypothèse m’est venue la nuit dernière alors que je me remémorais les toux presque incoercibles lorsque, revenant le dimanche soir d’une maison de campagne dans l’Oise (dans les années 1980), à la hauteur de Roissy, je me mettais à tousser. J’attribuais cette toux au stress lié au fait de devoir travailler pour gagner ma vie tout en poursuivant mes études. Mes parenthèses à la campagne étaient également bienvenues car je réalisais parallèlement une psychanalyse qui me transformait radicalement, rendant nécessaires ces moments proches de la nature.
Aujourd’hui, j’ai la quasi-certitude que ces toux étaient liées aux odeurs de kérosène brûlé par les avions dont les décollages surplombaient l’autoroute A1 qui relie l’Oise à Paris.

Dans un précédant courrier (1) nous avions abordé la complexité des voies respiratoires et leur vulnérabilité car elles sont plus qu’aucun autre organe ouvertes sur l’environnement. Dans ce courrier, la vasoconstriction épigénétique des poumons était insuffisamment présentée. Cette pathogénie, en tant que processus par lequel une cause pathogène (la vasoconstriction des poumons) agit sur l’organisme en risquant d’en déterminer une maladie. En effet les poumons, contraints de jour, se protègent à notre insu par un mécanisme (ou processus) les libérant la nuit et de façon non irréversible. Pendant nos repos ou nos vacances nos poumons sont mis différemment à contribution. Les relaxologues ou les kinésithérapeutes le savent. Lorsqu’ils nous aident à nous relaxer, ils commencent très souvent leurs exercices en nous incitant à réinvestir notre respiration. Les orthoptistes en font de même pour déprogrammer les mauvaises habitudes épigénétiques de nos globes oculaires, mais c’est un autre sujet.

Autre information fiable : Les adultes seraient-ils finalement davantage vecteurs du virus ? se demande France-Info. Une étude dirigée par des chercheurs de Santé publique France et publiée le 11 avril dans la revue « Clinical Infection Diseases » se penche sur un foyer dit « cluster » survenu en Haute-Savoie en février, parti d’un chalet de touristes britanniques. On y apprend deux choses : un enfant de 9 ans, symptomatique et testé, s’est avéré non contagieux ; et un adulte, asymptomatique, présentant en revanche une charge virale similaire à celle d’un patient symptomatique. Le fait qu’un enfant infecté n’ait pas transmis la maladie malgré des interactions étroites au sein des écoles suggère une dynamique de transmission potentiellement différente chez les enfants ou encore une résilience qui ferait défaut aux adultes dont les organismes seraient fragilisés épigénétiquement, selon notre hypothèse. Celle-ci semble progressivement se confirmer.
Nous, adultes, serions porteurs d’une pathogénie potentielle dissimulée que le Covid-19 révélerait brutalement. Cela soulève de nombreuses questions sur nos mode de vie, les agressions que nous inhalons passivement, pesticides, pollutions aériennes - et visuelles - et autres stress jusqu’à parfois en avoir le souffle coupé !!! S’ensuivraient autant de fragilités épigénétiques potentielles touchant nos organismes dès leur conception… et pas seulement au niveau des voies respiratoires. Nous faisons de moins en moins d’enfants et devenons de plus en plus exigeants à leur égard…

Des chercheurs se posent la question : « L’espèce humaine va-t-elle pouvoir s’adapter aux changements qu’elle-même a suscités ? En a-t-elle encore les moyens physiologiques et biologiques », (2). Le Professeur Henri Laborit avait formulé ses « réserves » quant à l’usage du terme adaptation. Il la définit par « la possibilité de conserver une autonomie motrice identique dans un milieu différent ». Par contre, ajoute-t-il : « Quand on passe de la physiologie au comportement il semble que l’on confonde le plus souvent adaptation et soumission », in Cahier de bioéthique n° 1, (3).
Une bonne nouvelle : les névroses physiologiques causées par le mode de vie sont réversibles. Cela devrait mettre à contribution les kinésithérapeutes et autres relaxologues pour déconditionner épigénétiquement nos voies respiratoires et nous libérer de cette pathogénie. Est-ce suffisant pour lever un mal-être planétaire qui serait resté trop longtemps dissimulé ? Nous préférerions nous tromper.

Réf :
1) https://www.zinfos974.com/L-infection-du-coronavirus-revelerait-elle-une-nevrose-epigenetique-de-la-physiologie-pulmonaire_a153008.html
2) Jean-François Toussaint, Bernard Swynghedauw et Gilles Bœuf, coord, L’homme peut-il s’addapter à lui-même, Edition Quae, 2012.
3) Henri Laborit, « Est-il possible de pratiquer la médecine aujourd’hui », pp. 21 à 39, in Cahier de Bioéthique, n°1, Presses de l’Université de Laval, Québec, 1979. Également à la suite de cet article celui de Piet Nijs, « Médecine du corps ou de l’homme ? », pp. 41 à 57.

Frédéric Paulus, Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien