Petits arrangements entre amis pour des recrutements dans la Fonction publique

14 septembre 2006

Je voudrais par le biais de votre journal m’élever contre des pratiques persistantes dans l’Éducation nationale, particulièrement à l’intérieur des collèges et lycées concernant le recrutement des assistants d’éducation. Il va de soi que cela ne concerne pas tous les établissements de l’île fort heureusement.
Le gouvernement a décidé, il y a quelques années, de supprimer le corps des Surveillants d’Externat et Maîtres d’Internat (MI/SE) pour le remplacer par celui des Assistants d’Éducation qui, eux, sont recrutés directement par les chefs d’établissement. Cette décentralisation des pouvoirs a vite fait de montrer ses limites, puisqu’on trouve désormais dans les collèges et lycées des fils ou filles des chefs d’établissement, des épouses ou époux de collègues administratifs ou enseignants. Le recrutement des MI/SE anciennement effectué par les services du Rectorat, principalement sur critères sociaux, a permis à de très nombreux jeunes réunionnais, dont les parents n’avaient pas les moyens de les aider comme il se doit, de bénéficier d’un travail en complément de leurs études, de se familiariser avec le monde éducatif, et ce statut a permis à beaucoup d’entre eux de devenir enseignant, agent administratif, bref, cela a été pour eux une réelle chance de pouvoir construire leur avenir professionnel.
Aujourd’hui que se passe-t-il ? Les chefs d’établissement (à quelques exceptions près) qui souvent décident seuls du recrutement des assistants d’éducation privilégient grandement à compétences égales les candidats d’une certaine origine au détriment de celui qui est le plus socialement défavorisé, et cela pour faire plaisir aux amis et collègues qui veulent caser leurs progénitures ou conjoints.

Pourquoi les politiques ne demandent-ils pas qu’un rapport soit publié sur les modalités de recrutement des assistants d’éducation dans les collèges et lycées de l’Académie de La Réunion ? Cela devrait être le rôle des syndicats de l’Education, mais eux préfèrent rester étrangement sourds et aveugles.
Ce sont ces mêmes personnes qui disent aux élèves réunionnais qu’il faut travailler dur pour avoir une chance d’avoir un bon boulot et qui, à côté, font leurs petits arrangements entre amis pour recruter leur personnel précaire.
Pourquoi alors parler de préférence régionale lors du recrutement des enseignants alors qu’on laisse faire tout et n’importe quoi lors du recrutement des assistants d’éducation qui, lui, est déjà local ?

Cédric R.
(bientôt en fin de contrat dans l’Éducation nationale)


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