Di sak na pou di

Peut-on être socialiste et ultra-libéral ?

Témoignages.re / 30 avril 2007

J’avoue que, et sans doute pour beaucoup d’entre-nous, une telle question peut relever de la provocation. Mais l’actualité de la campagne électorale des présidentielles, me semble-t-il, lui rend toute sa pertinence. En effet, comment ne pas s’interroger quand on voit Pascal Lamy, le directeur de l’Organisation Mondiale du commerce (OMC) - organisme chargé de concevoir et de mettre en synergie les différentes étapes du processus conduisant au marché unique mondial -, se dire fier d’être membre du Parti Socialiste et travailler en même temps, allègrement, au démantèlement de l’économie nationale ? (voir "l’Express" en date du 14 avril 2007)

Il n’est pas inutile de rappeler ici que Pascal Lamy se situe dans la filiation de Jacques Delors dont il se voit le successeur et dont il veut amplifier l’action européenne. Lequel Jacques Delors - un des principaux artisans de traité de constitution européenne rejeté par le peuple ¬- dirige aujourd’hui la campagne présidentielle de Madame Ségolène Royale. Dans une interview au Journal du Dimanche (29 avril), le mentor de Madame Royale plaide pour le rapprochement entre le PS et l’UDF. « Il y a urgence (...) il faut se compromettre dès maintenant » affirme-t-il.

Du coup, quand on voit la configuration de ce deuxième tour de la présidentielle, pense-t-on vraiment qu’il y a une candidature de gauche parmi les deux prétendants en lice ? Ne serions-nous pas plutôt en présence de deux versions de la même politique ultra-libérale ? Autrement dit, ne serions-nous pas face aux deux versants de la même montagne de la mondialisation économique pilotée à la fois par le socialiste Pascal Lamy à l’échelle mondiale, et par le socialiste Jacques Delors à l’échelle de l’Europe et de la France ? Surtout quand on sait que la droite et les socialistes européens dirigent de concert le Parlement de l’Europe.

Au fond, et au grand dam du peuple qui a voté majoritairement contre le traité de constitution européenne - au grand dam, également de tous ceux qui par leur « vote utile » ont cru sincèrement se donner un vrai choix de société - la finale de ces présidentielles se joue uniquement entre les représentants des trois principaux partis du OUI (UMP, PS et UDF) à l’ultra-libéralisme. Ces derniers continuent à battre le pavé dans un déferlement médiatique où tout n’est que diversion et, évidemment, sans véritable débat de fond.

Adrien Menal



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Messages






  • Tout dépend de ce que l’on met derrière le mot socialiste si c’est Jaurès évidemment non si c’est Blum c’est peut-étre si c’est Hollande, Guy Mollet ou Mitterrand ou Royal c’est oui , mais tout celà vient aussi du fait de l’affaiblissement du P.C.F. sinon le libéralisme ne serait pas d’actualité.Et puis je crois que dans l’ésprit de beaucoup de personnes il y a confusion entre libéral et liberté , un peu de pédagogie de masse s’impose !

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    • a vrai dire personne n a dit que les socialiste etait un partis de Gauche lol , et l exemple de Blair nous montre que ultralibéral et socialiste de l UE ce n est qu un pléonasme , surtout quand on sait que c est Jospin et delors qui sont derriere cela .... si delors a refuser de se presenter au nom des socialiste c est aussi parcequ il sait qu il n en n est plus un.....

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