Di sak na pou di

Philip John (U.K) à Lynn Margulis (USA) : des précurseurs pour un autre regard sur le cancer ?

Frédéric Paulus / 22 avril 2019

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Dans la perspective d’ouvrir un débat apaisé, contradictoire et citoyen, et de l’inaugurer par un courrier des lecteurs, j’ai repris certaines lectures dont l’ouvrage de Lynn Margulis et son fils Dorian Sagan, « L’univers bactériel », Seuil 2002, dans sa version anglaise : Microcosmos, Four Billion Years of Evolution from Our Microbiol Ancestor, Ed. Simon & Schuster, New York, 1986.
Une lecture attentive m’aura permis de retrouver la référence du Professeur en biologie Philip John, cité par Lynn Margulis et son fils, (version française), pour qui « certains cancers représentent une sorte de retour atavique à cet état originel d’animosité procaryote. En étudiant le comportement particulier des mitochondries dans de nombreux tissus cancéreux, il est arrivé (Philip John) à la conclusion que les rebellions des mitochondries n’ont pas été apaisées de manière permanente dans tous les cas », p. 139.
Lynn Margulis reprend explicitement le sujet du cancer plus loin, pp. 158-159, en faisant sienne l’hypothèse de Philip John lorsqu’elle dit : « Il semble alors que les cellules régressent vers un stade plus primitif de reproduction sans tenir compte de leur place ou de leur fonction dans l’organisme. » Elle dit encore : « Dans le cancer les chromosomes se séparent et les mitochondries se reproduisent encore plus vite que les cellules dont elles font partie. Généralement une cellule qui a commencé à faire pousser un ondulipode est condamnée en termes d’évolution ; elle ne peut plus croître. Mais, comme si elles désobéissaient à toute autorité, certaines cellules cancéreuses, élevées sur des tissus de culture, développent même des ondulipodes, qu’elles abandonnent juste avant la mitose. Comme si les alliances difficiles entre les partenaires symbiotiques qui maintiennent les cellules éclataient. »

Nous avons depuis contacté le Professeur Philip JOHN de l’université Reading (U.K) qui nous confirme avoir été à l’origine de ce nouveau regard porté sur la réaction de « rébellion » des mitochondries. C’est ainsi qu’il attira notre attention sur les travaux du Dr. Frank Arguello, Professor of Pediatrics, Division of Hematology and Oncology, University of Rochester. On peut prendre connaissance de l’ouvrage, Atavistic Metamorphosis : https://sciencebasedmedicine.org/dr-frank-arguellos-atavistic-oncology-another-dubious-cancer-therapy-to-be-avoided/
La science bute sur la cause (ou les causes) du cancer, sur la carcinogénèse. Qu’est-ce qui fait qu’une cellule normale devient cancéreuse ? Il nous semble que l’approche du Dr Frank Arguello devrait être étudiée. Il devrait être dans la déontologie du médecin d’ouvrir son patient à d’autres éventualités, tout en défendant des prises en charge médicales (nous dirons classiques). Et ce, sans interdire au patient de s’approprier de nouvelles alternatives expliquées, quand elles se présentent comme de nouvelles hypothèses plausibles, en faisant en sorte de susciter des espoirs mesurés lorsque celles-ci ne sont pas validées scientifiquement. Soins médicaux « classiques » et nouvelles stratégies hypothétiques ne devraient pas être incompatibles, tout en ouvrant ces approches thérapeutiques à de nouveaux praticiens, nous pensons là bien entendu aux psychologues cliniciens.

Frédéric Paulus, Directeur du CEVOI