Piètres explications

23 septembre 2006

Le mâle réunionnais n’a pas été assez pris en compte dans la société, il n’a pas sa place socialement, moralement, affectivement voire même sexuellement.
C’est en substance ce que dit le procureur Muguet après le meurtre barbare commis sur Fabiola par son ex-compagnon.
Que penser de ces propos ?
Après tout, la violence des “mâles” est prévisible, ils se sentent mal (mâles) dans leur peau et n’ont plus qu’à frapper ou tuer quand leur situation conjugale ne leur convient plus.
Leurs compagnes sont leurs propriétés, ils ne peuvent vivre sans elles, ne supportent pas d’être absents de leurs vies et après moult menaces et un séjour en prison, passent à l’acte.
Il est inadmissible d’éclairer de cette façon, les tragédies conjugales que nous connaissons à La Réunion.
Nous, les femmes, que nous soyons militantes ou pas, pensons à ces vies supprimées, à Fabiola, Ingrid, Florence, Marie-Danièle, Sophie... et toutes les autres victimes.
Elles, elles ne pouvaient plus vivre avec un homme qui les insultait, les frappait... alors elles les quittaient, travaillaient, élevaient leurs enfants, cherchaient un appartement pour connaître enfin une vie tranquille, elles s’assumaient de façon responsable et voulaient construire pour elles et leurs marmailles un avenir stable et serein.
Et eux, ces messieurs jaloux et violents, ils n’avaient qu’une idée fixe, se venger et faire disparaître celles qu’ils avaient soi-disant aisées. Où est le sens de leurs responsabilités leur respect de la vie humaine ?... Ils assassinent froidement celles qui ne veulent plus d’eux et font des orphelins sans voir plus loin que leur petit ego.
Nous, nous pensons à tous ces enfants qui se retrouvent brutalement privés de leur mère, avec un père assassin en prison.
Comment vont-ils vivre une vie normale et se préparer à être adultes en de telles conditions ? Que de vies gâchées.
Les femmes ont acquis leurs droits par la lutte et la résistance, le prix à payer serait-il d’en faire des victimes expiatoires ?
Dans la société, nous sommes hommes et femmes appelés à vivre ensemble ou à cohabiter. La violence ne sera jamais une façon de s’exprimer.
Les Associations féminines demandent depuis plusieurs années une loi-cadre pour faire face aux violences perpétrées contre les femmes.
Il est vraiment dommage qu’un Procureur de la République tienne un discours aussi machiste, au lieu d’aider à une réflexion générale sur ce grave problème de société.

Pour l’UFR,
Marylène Berne


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Témoignages - 82e année


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