Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
3 février 2011

Ne boudons pas notre plaisir de lire, de découvrir, d’apprendre. Que lire ? Des livres. Parce que nous en aimons les auteurs, parce que nous avons aimé leurs précédents livres, parce que leurs livres traitent de sujets qui nous plaisent, bref, à cause de leur notoriété, ou parce que nous en avons lu une critique qui nous a plu, parce que tout le monde en dit du bien. Autrement dit, nous lisons tel ou tel livre par intérêt. Parfois aussi par hasard, mais c’est plus rare. Ou par curiosité. Ou par snobisme, pour faire comme les autres, pour faire bien, pour ne pas être dans l’ignorance du sujet dont tout le monde parle, parce que tel livre a été primé, etc.
Nous nous laissons donc parfois influencer par une critique. Mais il y a critique et critique. Tout le monde le dit toujours, il n’y a de critique que la critique constructive. La critique qui nous donne la joie de lire. Nous n’avons que faire de la critique gratuite, qui est faite pour dénigrer, pour nous inciter à ne pas lire tel livre, à nous détourner de tel ou tel auteur (que nous avions peut-être aimé).
Cultivons notre regard critique. « Indignons-nous ! », comme l’écrit le nonagénaire Stéphane Hessel, auteur du dernier best-seller en date. Oui, sachons nous indigner, sachons critiquer ! Mais… à bon escient.
Hélas, c’est trop souvent le cas : la critique est discriminatoire.
Dernièrement, nous avons eu affaire à un chef de service qui nous a insultés dans notre dignité de Réunionnais : « Vous êtes, disait-il, un peuple illettré. Les livres réunionnais sont remplis de fautes d’orthographe, de beaucoup de coquilles. C’est pour cette raison qu’il est préférable d’avoir affaire à un imprimeur en France plutôt qu’à La Réunion ».
Nous avons eu la même réaction de la part d’une personne fraîchement débarquée dans l’île, qui nous a tenu le même discours. Et pourtant, nous avons beaucoup d’écrivains réunionnais célèbres. La production locale est aussi riche que celle d’ailleurs. Il nous appartient de ne pas nous laisser impressionner par ce type de raisonnements. Le tout, c’est le plaisir de lire ! Nous ne sommes pas plus, nous ne sommes pas moins !
A bon entendeur…
Marc Kichenapanaïdou
Courrier des lecteurs
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