Pour Franco, le PCR est magique !

25 mai 2009

Antoine Franco a fait la proposition d’un « dispositif de véritable continuité territoriale » qui assurerait « l’égalité économique et l’égalité de citoyenneté pleines et entières avec la France et l’Europe ». Un fonds alimenté par les sur-rémunérations, les aides européennes et une partie des transferts nationaux financerait l’arrivée de produits français et européens pour les mettre au même prix que là-bas. L’égalité économique réalisée, il ne sera plus nécessaire de « sur-rémunérer » les agents de l’Etat, dit Franco.
Suite à sa proposition qu’il est seul à défendre, Franco dénonce « l’assourdissant silence du PCR sur l’égalité économique » dans un courrier des lecteurs.
Qu’importe que les communistes ont proposé, depuis longtemps, le principe d’une « égalité collective » entre La Réunion et la Métropole. Qu’importe que l’Alliance préconisait, lors de la Présidentielle, une véritable continuité territoriale et demandait une aide pour les importations maritimes. Qu’importe la faisabilité ou la crédibilité de la proposition de Franco qui ne tient compte ni de l’opinion des fonctionnaires, ni de l’avis de l’Europe. La réorientation de la totalité des crédits européens vers son fonds signifierait l’arrêt d’aides à l’agriculture, la fin du financement de gros investissements ou la baisse des moyens de la formation professionnelle. Qu’importe que la proposition interpelle plusieurs acteurs : l’Europe, l’Etat, les collectivités réunionnaises bien avant les partis politiques. A peine son idée émise, sans l’avoir présentée et discutée auprès des communistes, Franco se hâte de dénoncer « l’assourdissant silence du PCR ».
Devant le peu d’intérêt rencontré par son idée — et cela s’explique —, Franco en fait porter la responsabilité au parti d’Elie Hoarau. Le procédé est simpliste : on fait des propositions absurdes et ensuite on dénonce « l’assourdissant silence » d’un parti pour expliquer leur faible écho.
Implicitement, le patron de Collair dit que le PCR est magique. Selon sa logique, il suffirait que ce parti cause de son idée pour lui donner du crédit, voire la faire adopter. Paradoxalement, lui qui accuse les communistes de vouloir tout régenter attend d’eux qu’ils vivifient sa proposition. Depuis, Franco lui-même ne croit en sa thèse : il ne la défend plus et refuse de la présenter aux États généraux !

Jean-Marc Salaze


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Témoignages - 82e année


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