Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
14 janvier 2009

Coup sur coup, un enfant de 3 ans décède à Saint-Vincent-de-Paul et un homme de 56 ans meurt, faute de lit de réanimation dans les hôpitaux en région parisienne.
Les témoignages sont accablants : une femme médecin du SAMU de l’Essonne, de permanence dans la nuit de samedi à dimanche, s’indigne : « C’est rageant d’entendre que c’est la faute au hasard. C’est arrivé parce qu’on ferme des lits partout ! » (cité dans “Le Parisien” du 30 décembre). Le président de la Société de réanimation ajoute : « On est en situation critique. Les hôpitaux n’ont aucune réserve de sécurité ».
Et l’association SAMU de France « demande la réouverture de lits de réanimation ».
On ne peut qu’être indigné par la recherche de boucs émissaires, qu’ils s’agissent des médecins ou des infirmières, comme en témoigne la mise en garde à vue d’une infirmière de Saint-Vincent-de-Paul.
Les responsables, ce sont les gouvernements successifs qui, depuis des années, appliquent le Pacte de stabilité dicté par l’Union européenne, qui imposent de tailler à la hache dans toutes les dépenses publiques (école, santé...) et remettent en cause, par-là même, l’accès aux soins.
C’est d’ailleurs ce qu’ont dénoncé tous les syndicats du personnel de l’Assistance publique de Paris en appelant à manifester au ministère.
Le gouvernement a refusé de les entendre.
Il ose, maintenant, prétendre qu’il s’agirait d’une question de « mauvaise régulation » que sa future loi Bachelot viserait à résoudre.
Non. C’est l’inverse.
Le projet de loi Bachelot (dit “Hôpital, Santé, Patients, Territoires”) qui doit venir, début février 2009, au Parlement, aboutirait à aggraver encore la situation puisqu’il prévoit 20.000 suppressions d’emplois de personnels au niveau national et, sur l’Assistance publique de Paris, le passage de 38 hôpitaux à 13 « territoires de santé » avec, à la clé, la fermeture de services entiers et la suppression de 2.000 emplois.
Le ministre Woerth a déclaré, en octobre 2008 : « Ne croyez pas que la crise économique n’ait pas d’impact sur nos finances sociales », et une première augmentation des cotisations des mutuelles est annoncée.
360 milliards d’euros ont été offerts aux banquiers et aux spéculateurs, payés par des centaines de milliers de licenciements dans l’industrie et des dizaines de milliers de suppressions de postes dans le public.
360 milliards d’euros et il n’y aurait pas d’argent pour rouvrir les lits ? Ce qu’il faut, c’est le retrait de la loi Bachelot et la réouverture des lits et des services fermés avec le personnel nécessaire. Quel parti politique peut porter cette exigence haut et fort ?
Un syndicaliste hospitalier
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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