Pour la République, contre l’intoxication

7 février 2007

Ne trouvez-vous pas curieux, à quelque trois mois de l’échéance de la présidentielle, ce brusque changement dans les sondages sur les intentions de vote des Français ?
Alors que jusque-là, le 4 janvier dernier pour I-Télé / Le Parisien, le 18 janvier pour Le Figaro / France-Soir, Ségolène Royal était créditée d’une victoire au second tour ? Qu’est-ce donc qui a pu provoquer ce revirement subit de l’opinion ? Est-ce la cérémonie d’intronisation de Nicolas Sarkozy à la porte de Versailles à Paris où, selon l’enquête du Canard Enchaîné, ‘‘les participants au congrès étaient quatre fois moins nombreux que les 110 000 annoncés’’ ? Ou bien son discours pathétique qui se voulait rassembleur au-delà du possible (‘‘j’ai le devoir de me tourner vers tous les Français, quel que soit leur parcours, les Français de droite mais aussi les Français de gauche’’) ? Ou encore le peu d’entrain de certains camarades de la candidate socialiste qui renâclent à la soutenir en faisant sentir ouvertement leurs différences ?
Toujours est-il qu’au fur et à mesure que l’élection approche, les occasions ne manqueront pas pour tenter d’intoxiquer l’opinion. Après la vidéocassette qui reprenait en les déformant les propos de Ségolène Royal dans une réunion de travail tenue il y a quelques années, voilà le téléphone portable qu’on laisse ostensiblement ouvert pour la presse avec l’enregistrement d’une réunion à huis clos, cette rumeur lancée sur internet d’une fausse déclaration d’impôts qu’aurait faite le couple Hollande-Royal et cette mauvaise traduction d’une phrase en créole prononcée dernièrement en Guadeloupe par la candidate socialiste ‘‘nou ké cassé ça’’ : ‘‘nous allons changer ça’’ et non ‘‘nous allons tout casser’’ comme ont osé l’affirmer, dans un communiqué, les porte-parole de l’UMP, Valérie Pécresse et Luc Chatel, qui ont même ajouté ‘‘y compris la République’’ !
À l’issue de cette interminable campagne qui prend de plus en plus une drôle de tournure, le pire qui puisse arriver c’est que toutes les conditions ne soient pas réunies pour un vote libre, clair et en toute connaissance de cause. La République a été suffisamment malmenée jusque-là pour qu’elle ne coure pas le risque d’être perdue pour longtemps.

Georges Benne


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Messages

  • Monsieur, je suis d’accord avec vous au sujet de l’intoxication, vous me permettrez néanmoins d’emettre au sujet de votre article les mêmes doutes que ceux que vous me conseillez d’avoir sur les journaux, à cause de ce que vous dites de ce communiqué de l’UMP sur les mots de Mme Royale, parce que je viens tout juste de vérifier vos propos en allant voir sur le site de l’UMP ce dit communiqué, et voici ce que j’y ai lu :

    ouvrez les guillemets :

    "Après ses propos déplacés sur « l’indépendance de la Corse », la candidate socialiste à la présidentielle s’en est de nouveau pris à l’indivisibilité de la République, ainsi qu’à l’unité du peuple français, lors d’une réunion publique, samedi soir, aux Abymes, près de Pointe-à-Pitre.

    L’UMP, par la voix de ses Porte Parole Valérie PÉCRESSE et Luc CHATEL, souhaite rappeler à Mme Royal que les principes fondateurs de la République ne sont pas négociables dans le cadre d’une campagne électorale et que la pêche aux voix à laquelle elle s’est livrée lors de sa tournée aux Antilles a dépassé les limites de l’acceptable.

    La candidate socialiste a promis à son auditoire de « tout casser ». En entendant certains de ses propos, notamment ceux qu’elle a tenus, samedi soir, aux Abymes, les Français ont surtout eu l’impression que c’était la République que Mme Royal voulait « casser ».

    Certes, la candidate socialiste est restée une fois de plus dans le flou, en refusant de se prononcer concrètement sur d’éventuelles évolutions du statut de la Martinique et de la Guadeloupe. Mais en affirmant de façon démagogique que « ce n’était pas de Paris qu’on devait gouverner », elle a laissé entendre très clairement sa préférence pour un projet fédéraliste si ce n’est autonomiste. Décidément, Mme Royal a une conception bien étrange de la République et de l’Histoire de France.

    "

    fermez les guillemets.

    Ne parlons pas (-inutil je trouve-) de certains de leurs propos ("Histoire de France" ) qui ne sont manifestement là que pour enjoliver le texte (et reveiller un sentiment patriotique bien mal placé concernant les DOM-TOM.) Mais veuillez remarquer que les auteurs ne font que dire que ils ont eu l’IMPRESSION que Mme Royale voulais s’en prendre à la République, et non comme vous dites qu’elle l’avait effectivement dit (et fait) .... De plus pourriez vous m’indiquer un moyen de verifier que en créole "casser" = "changer" ?
    Enfin pourriez vous prouver que les enrengistrements étaient truqués ? Et que le fait que M Hollande et Mme Royale n’aient pas falsifié leurs feuilles d’impôts...ne soit pas une tentative supplémentaire d’intoxication des journaux ?

    Néanmoins je suis sûr que vous au moins êtes de bonne foi et j’attend donc avec impatience votre réponse.

    Je vous signal que je n’ai pas peu accéder à la partie "vos réactions"....

    Je vous prie d’être indulgent quant à l’orthographe, je ne suis qu’un jeune de 19 ans qui continue dans ses études supérieures à faire des dictées parce que son professeur a la bonne idée de se révolter contre certaines méthodes actuels d’enseignement ...désastreuses .


Témoignages - 82e année


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