Di sak na pou di

Pour quelles raisons, sur Twitter, le mensonge se diffuse-t-il plus vite et plus loin que la vérité ?

Jean / 10 mars 2018

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Au terme d’un rigoureux travail scientifique effectué sur des millions de tweets, des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) ont publié leur analyse dans la revue Science du 9 mars 2018. Ils démontrent, chiffres à l’appui, que sur Twitter, les fausses informations se propagent plus vite et plus loin, touchant davantage de gens que les vraies.

Et ils concluent que, pour lutter contre les fake-news, il faudrait « créer une culture de l’information qui valorise et encourage la vérité ».

On ne peut mieux dire que l’info diffusée par les grands médias est biaisée, tronquée, falsifiée au nom du fameux acronyme popularisé par Mme Thatcher : TINA (There is no alternative). Cette affirmation (« Il n’y a pas d’alternative’ ou « Il n’existe pas de plan B ») suscite la défiance et la colère des innombrables victimes des politiques d’austérité maquillées en remèdes incontournables pour “sortir” le système économique [un jour peut-être ?] de la crise que ce système a lui-même engendrée… et qui profite chaque jour beaucoup plus à l’incessant accroissement de la fortune d’un petit clan de multimilliardaires.

Quotidiennement répété par les médias et accepté comme vrai par les extrêmes-droites, les droites et les sociaux-démocrates, ce fumeux TINA vise à priver les victimes de cette ineptie “économique” de toute perspective de réel changement. Nous serions condamnés à vivre ainsi pour toujours et toujours moins bien que nos parents et que nos grands-parents. C’est comme ça ! On n’y peut rien !

Dans le même temps, à la surface de cet océan de misère, ne cessent d’éclater des bulles putrides exhalant la violence de cette société. Un exemple parmi des centaines, plus les grandes entreprises réalisent d’énormes profits, plus leurs actionnaires perçoivent de dividendes, plus elles licencient par milliers les ouvriers et employés qui ont créé cette richesse.

Et, pour couronner le tout, des dirigeants politiques trahissent les idéaux dont ils se réclament, d’autres sont les principaux acteurs de scandales financiers, d’autres encore se laissent corrompre, d’autres enfin bafouent les droits humains, ceux des femmes essentiellement.

Peut-on s’étonner que ce brouillage constant des valeurs fondatrices de l’État de Droit et la désespérance qu’il engendre, conduise des citoyens désabusés et en colère à ne plus croire qu’en le pire que sont les fleurs nauséabondes des fake-news ?

Jean