Di sak na pou di

Pour une laïcité inclusive

Reynolds Michel / 20 mars 2018

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L’Association Espace pour Promouvoir l’Interculturel (EPI) qui s’efforce de favoriser les échanges et le débat pour un vivre ensemble respectueux de toutes les cultures présentes à La Réunion, regrette la position rigide du Rectorat de La Réunion sur la question du port de signes religieux à l’école (Le Quotidien du 13 février et du 1er mars, JIR du 02 mars 2018).

Le signe culturel/religieux discret n’a jamais posé de problème à l’école jusqu’ici. Il existe à La Réunion une laïcité sereine. La remettre en cause pour une laïcité de contrôle n’a pas de sens et relève même d’une régression dangereuse, car elle peut susciter des replis identitaires et une plus grande défiance vis-à-vis des valeurs de la République.

Le projet laïc, il convient de le rappeler, est, en son principe, un projet inclusif d’éducation, d’association et de fraternisation actives. Les discours lénifiants sur les valeurs de la République : « liberté, égalité, fraternité », resteront lettre morte pour la jeunesse tant que l’école ne les traduira pas en actes : en proposant aux jeunes des espaces d’échanges et de débat pour découvrir l’autre, se découvrir soi-même, s’enrichir et se respecter mutuellement ; des espaces de prise de responsabilité réelle pour énoncer des règles de vie communautaires, gérer des conflits, se mobiliser pour réduire des inégalités notamment d’accès au savoir, dans la communauté scolaire et dans son environnement proche ou lointain.

C’est d’une école ouverte sur la diversité économique, sociale, culturelle et cultuelle de l’île et du monde dont nous avons un urgent besoin. Les jeunes, l’actualité le prouve, ont soif de connaître ce monde réel, de le rendre plus juste, plus fraternel ; bref de devenir des citoyens à part entière. Ne sous-estimons pas cette aspiration profonde !

Reynolds Michel/Pour EPI