La honte pour les élus réunionnais
22 septembre, parDes fonctionnaires parisiens viennent dans notre pays pour discuter de l’avenir de la canne à La Réunion
18 décembre 2013

J’aime mon pays mais comme beaucoup de Français, je ne vote plus. Ce n’est pas par lassitude ni même par écœurement. Je ne suis pas de ceux qui disent : « tous pourris ». Je sais que la vérité est plus nuancée. Je n’ai pas voté car depuis longtemps le discours politique stagne dans un monde en pleine révolution.
Depuis longtemps il y a un décalage grandissant entre les idées, les projets et même les réalisations politiques d’une part et les idées, les projets, que tout citoyen responsable entrevoit par simple bon sens et avec un minimum de compréhension et d’ouverture d’esprit. Or le monde explose de plus en plus et ils deviennent rares ceux qui ne voient pas le feu d’artifice. Les ronrons, les hoquets et même les pétards mouillés de la politique actuelle n’intéressent plus personne.
Certains vont à la pêche ou au foot en attendant que le ciel leur tombe sur la tête, d’autres se radicalisent. Ce que l’on appelle pudiquement le monde occidental, vogue sur le nuage du succès économique et de la puissance militaire depuis longtemps, tout simplement parce que les pays qui le composent ont été les premiers (du fait des hasards de l’histoire plus que de leur propre mérite) à atteindre un degré élevé de civilisation. Le drame, c’est que les combats que se livrent aujourd’hui les nations pour défendre leurs intérêts, n’ont plus rien à voir avec le combat pour la vie mené par les premières tribus. Les peuples ont grossi tant qu’il y avait un voisin à bouffer.
Aujourd’hui il n’y a plus que deux peuples sur Terre : le monde occidental et le reste du monde. Et nous savons tous qu’un nouveau confit frontal et mondial serait mortel pour l’humanité toute entière. Alors, qu’attend-on pour que ces nations soient vraiment unies ? Toute la question est là. Et bien précisément, l’honnête homme, le citoyen du monde, attend désespérément une réponse, mais la plupart des occidentaux n’en attendent pas.
Nous savons très bien que nous devons notre bien être au fait que nous sommes dans le camp des vainqueurs. Nous savons très bien que nos chefs ont pillé les vaincus, nous savons très bien que les vaincus n’ont plus rien à nous donner et nous savons aussi qu’il n’y a plus de nouvelles nations à conquérir et à piller. C’est cela la mondialisation. Pour sortir de cette impasse, il faut encore détruire (mais quoi ?) ou reconstruire le Monde. Il sera difficile à prendre ce nouveau pli. Il faut rééduquer notre cerveau habitué aux conquêtes faciles.
Ce qui nous attend demain, c’est l’apocalypse ou le courage d’aborder la vérité en face et rendre à la moitié de la planète ce que nous lui avons pris, reconstruire et réaménager notre Terre pour que l’espèce humaine tout entière puisse vivre en bonne intelligence.
Si, dès aujourd’hui nous ne nous habituons pas à cette idée, nous sommes complices des destructeurs de la Terre. Que j’aimerais entendre cette musique-là sortir de la bouche de nos politiciens hexagonaux, cela les sortirait de leurs miasmes politiques indigestes. Rien de grand ne se fait sans passion et sans idéal et si la politique veut reprendre du poil de la bête, elle ferait bien d’insuffler aux hommes des idées qui donnent envie de vivre. C’est de cette nouvelle politique dont nous avons besoin.
Pierre Quiroule
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