L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
15 novembre 2006

Sans que l’on puisse crier au scandale, force est de constater que certaines conditions de la présidentielle du 3 décembre à Madagascar sont contestables.
Le Président Ravalomanana a été investi en mai 2002. Son mandat est de 5 ans. L’élection aurait dû avoir lieu au premier semestre 2007. C’est ce qu’avait reconnu la Haute Cour constitutionnelle avant de se raviser, sans doute sous la pression d’une équipe gouvernementale voulant surprendre l’opposition. La Constitution impose au Président de démissionner de son mandat 1 mois avant le scrutin. Marc Ravalomanana ne l’a pas fait. Richard Razakavonison, Avocat général à la Cour suprême, estime que, « faute d’avoir démissionné, le chef de l’Etat peut encourir la déchéance ».
L’informatisation des listes électorales ne donne pas entièrement satisfaction. Le nombre d’inscrits est légèrement supérieur à celui de 2001. Des observateurs remarquent qu’il ne correspond pas à une évaluation de la population en âge de voter.
Le Conseil des Eglises chrétiennes a proposé une révision du Code électoral. Pour tenir compte du cafouillage de 2001, il proposait d’introduire des procédures de contentieux électoraux. Dans un souci d’équité et d’économie, il préconisait l’usage du bulletin unique, l’électeur cochant le nom du candidat pour qui il veut voter... Le gouvernement a refusé ces innovations. Plus des 2/3 des 14 candidats en lice n’ont pu déposer la totalité de leurs bulletins de vote, c’est le cas du Président sortant. Ces candidats dépenseront beaucoup pour faire parvenir leurs bulletins dans tous les bureaux de vote. Ou alors, ils sont, de fait, éliminés du scrutin. Seul Marc Ravalomanana, en raison de sa fortune personnelle, peut faire face à ce genre d’obligation.
Enfin, et cela aussi est contesté, le Président sortant n’hésite pas à utiliser ses positions de pouvoir pour mener sa campagne. Il est notamment très présent à la radio et la télévision de service public.
Ces dérives seraient, dit-on, de nature à jeter la suspicion sur le scrutin et pourraient entraîner des troubles. Ce dont le gouvernement est conscient puisqu’il a organisé un séminaire sur l’insécurité quotidienne et en période électorale.
M. Ravalomanana part favori même si son bilan est mitigé.
Il peut se prévaloir d’un certain nombre de réalisations (construction de routes, meilleur fonctionnement des systèmes éducatif et sanitaire). Il bénéficie de la confiance des organismes internationaux qui soutiennent son plan de développement pour Madagascar. L’opposition est extrêmement divisée.
Par contre, il n’a pas tenu son engagement de réduire les inégalités, il n’a pas su freiner l’inflation et la dépréciation de la monnaie malgache. S’il a pu faire baisser la petite corruption, il n’a pas pu grand chose contre la corruption d’affaires. Une étude de “Transparency International” mesurant le degré de corruption dans l’administration publique et chez les hommes politiques dans tous les pays montre un développement à Madagascar : 1,7 d’indice en 2002 ; 2,6 en 2003 ; 3,1 en 2004 et 2,8 en 2005.
Le Président sortant n’a pas non plus réussi à régler la question du clivage entre Tananarive et les provinces côtières..
Par rapport à 2001, où il représentait un vaste rassemblement, Marc Ravalomanana part cette fois isolé. Des hommes ou des formations politiques qui le soutenaient l’ont abandonné. Le Conseil des Eglises qui, en 2001, appelait à voter pour lui, a déclaré rester neutre.
Quel que soit le résultat, l’élection du 3 décembre marquera une mutation. Des dirigeants politiques ou des partis qui se sont fait connaître depuis l’accession à l’indépendance laisseront la place à de nouveaux arrivants. Le premier parti à militer pour l’indépendance, l’AKFM, est hors course. L’AREMA de l’ancien Président Ratsiraka ou le MONIMA du leader historique Manandafy sont divisés et affaiblis. Même le parti présidentiel, le TIM, est devenu un cadre trop étroit pour Marc Ravalomanana qui s’appuie peu sur lui pour sa campagne.
Marc Salmacis
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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