Quatre mots du candidat finaliste à la présidence de la République

2 mai 2007

Dans le flot de paroles déversées tout au long de la campagne électorale, quatre mots de Nicolas Sarkozy résument la pathologie menaçante :

1. ‘‘Travaillez plus pour gagner plus.’’

- Non, monsieur, rien ne contredit plus l’éthique de la République qu’une volonté d’être supérieur par son travail et sa fortune à ses concitoyens en liberté, égalité d’amour d’amitié fraternelle.

2. ‘‘Je veux être le président qui s’efforcera de moraliser le capitalisme.’’

Non, monsieur, on ne moralise pas la quintessence même de l’immoral, de l’a-moral, pas plus qu’on humanise la guerre.

3. ‘‘Je suis incliné à penser qu’on naît pédophile.’’

Non, monsieur, on ne naît pas plus avec le gêne du pédophile qu’avec celui du tueur, du criminel toutes catégories ou du juste, du vertueux, du disposé originel à la fraternité. C’est le plagiat profane, laïque, déterministe d’un christianisme de prédestination enfermé dans la mécanique héréditaire du péché originel.

4. Il y a nécessité d’un ‘‘ministère de l’identité nationale.’’

- Non, monsieur, notre identité d’homme, de femme, d’enfant, n’est pas nationale. Je suis même convaincu que tout être humain, au fur et à mesure qu’il réalise son ampleur infinie, devient image, ressemblance créatrice du Créateur universellement contagieux qui n’a qu’une seule identité : celle précisément d’hommes, femmes, enfants, peuples sans aucune identité.

Père Jean Cardonnel


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Témoignages - 82e année


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