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Que faisons-nous pour nos jeunes ?

jeudi 15 septembre 2022, par Patrice Louaisel


Le constat : des jeunes de plus en plus en errance, qui à 30 ans ne travaillent toujours pas, ou collectionnent un emploi précaire, fument, se droguent, entrent en dépression ou en délinquance… d’un côté et d’autre part 600 offres d’emploi restant insatisfaites chaque année rien que sur La Réunion. Alors que faire ? En fait, les responsabilités sont partagées entre les parents, les formations inadaptées, les entreprises et l’État.


Au niveau des parents : combien d’entre eux les suivent dans leurs études à la maison (devoirs, révisions de vacances..), les encouragent à travailler, (quitte à les envoyer en métropole ou ailleurs pour acquérir les 2 à 5 ans d’expérience réclamés par les employeurs) les accompagnent dans leurs études et le choix d’un métier (Centres d’orientation, forums d’emploi, visites d’artisans…). ? Résultat : nombre d’entre eux restent à la maison jusqu’à 30 ans ou plus, ayant raté leur formation initiale, démotivés car ne trouvant que de « petits boulots temporaires et mal payés », inoccupés ou pire notamment les filles espérant une manne financière multiplient les naissances… (d’où la multiplication des filles-mères ici)
Par ailleurs, après les devoirs, il y a les activités extra — scolaires (sports, activités artistiques ou musicales). En fait, il ne faut jamais laisser un enfant livré à lui-même, inoccupé.

Au niveau de l’École : il est plus que temps de remettre l’apprentissage à partir de 14 ans plutôt que de maintenir les enfants dans des « classes parking » (avant que toute motivation ne s’effondre et que dégoûtés par les études, ils baissent les bras), développer les sections professionnelles (et pas seulement pour les enfants les plus faibles) par des lycées spécialisés, multiplier l’information sur les métiers, leurs avantages et inconvénients et aptitudes pour y accéder et ne surtout pas dissocier l’apprentissage à l’école de l’obtention d’un emploi.

Au niveau post scolaire : ouvrir beaucoup plus de sections professionnelles dans les centres AFPAR permettant en 6 mois à 1 an intensifs d’acquérir un diplôme équivalent au CAP tout en bénéficiant d’une petite indemnité or on fait l’inverse actuellement…(38 centres viennent de fermer alors qu’ils assuraient 71 % d’insertion en emploi dont 54 % en CDI. Faudra-t-il faire appel aux étrangers pour remplir les sections fournissant de la main d’œuvre aux entreprises notamment dans le BTP, l’Hotellerie, l’aide à la personne ?. Le R.S.M.A montre un exemple réussi quand on propose aux jeunes des formations professionnelles qualifiantes et rémunérées)

Au niveau des patrons : ne pas fermer la porte aux jeunes sans expérience en leur laissant une chance, recruter à la sortie des lycées techniques et centres de formation, proposer des interventions en établissements pour leur parler de leur branche professionnelle, les prendre en apprentissage, leur proposer une évolution de carrière et de salaire s’ils « bossent bien »… leur proposer un CDI après quelques mois en CDD.

Au niveau des politiques et de l’Etat : ouvrir davantage de lycées techniques et de centres d’apprentissage (revenir à l’apprentissage dès 14 ans) et de formations pour adultes (AFPAR/RSMA) dans les métiers offrant des débouchés.
Avoir un minimum de courage politique en ne laissant jamais un jeune sans travail : tout jeune bénéficiant d’une allocation venant de nos impôts devrait offrir à son tour 3h de travail/jour aux collectivités (communes, état, entretien espaces verts, personnel communal, cantines, garde d’enfants, etc.). De même, pour les bénéficiaires du RSA… pour qu’ils acquièrent et ne perdent pas leur savoir-faire ou toute envie de travailler.

Patrice Louaisel
Ex conseiller professionnel
Ex psychologue du travail


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